LA PROBLEMATIQUE
Accéder à la VIE
Du VECU à la REPRESENTATION
Le REEL construit notre perception de REEL
RETOUR AU RÉEL Capturé
APPROFONDISSEMENTS
INTUITION et SAVOIR
L'INSCRIPTION INITIALE FONDAMENTALE
LE NOEME et la RATIONALITE
INVENTER ou DECOUVRIR ?
DE L'IGNORANT QUI A DES IDÉES, À L'I.A. QUI A DU SAVOIR
COMPLICE de l'INCONSCIENT
CREATION = découverte du REEL ?
Le VECU et Le SAVOIR !
L'ESPACE en CREUX du REEL
LE TISSERANT est devenu GEOMETRE !
SYNTHESE ORGANISATIONNELLE
CREUX et ABSENCE de CREUX
Les CONSEQUENCES PEDAGOGIQUES
COMMENTAIRES de PSYCHO MANAGEMENT
CHAPITRE SUIVANT

INTRODUCTION

Chacun d’entre nous peut se considérer comme une cellule infiniment petite participant à l’existence d’un corps infiniment grand : l’Univers !

L’entité que nous sommes, est dotée d’une faculté d’INDIVIDUATION qui lui permet de différencier l’existence de deux espaces distincts : le DEDANS et le DEHORS !

Tout au long de sa vie, notre dedans mène une quête : il cherche à se représenter le dehors : ce qui est la REALITE de l’Univers !

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Nous ne captons que des fragments de l’Univers. Nous les sélectionnons, les nommons, les rapprochons de nos expériences antérieures, puis nous les organisons pour construire une REPRESENTATION INTERIEURE du MONDE REEL selon notre logique : selon notre mentalité !

REMARQUE 1 :

La représentation des règles de l’Univers évolue sans cesse grâce à des apports extérieurs constants qui sont traités intérieurement selon des mécanismes dont le présent traité se propose de faire l’étude !

REMARQUE 2 :

Chaque nouvelle acquisition fait l’objet d’une grille spécifique de SON ORGANISATION LOGIQUE intrinsèque. Sa candidature à l’INTERIORISATION du “dedans” implique un jugement (filtrage d’entrée) qui produit soit, un rejet, soit, l’INCORPORATION, ce qui a pour conséquence pour l’individu et selon sa mentalité : une installation de liens logiques particuliers associés à l’ensemble des références déjà établies et cohérentes entre elles qui composent sa personnalité. Ces nouveaux liens logiques établissent l’harmonie logique de la nouvelle entité avec l’ensemble du PATRIMOINE PERSONNEL et en maintient ainsi une Unité du mental en parfaite cohérence, selon une “charte logique” personnelle et NON standard : LA MENTALITE INDIVIDUELLE !

REMARQUE 3 :

Ce que je sens alors, n’est pas “la pensée conforme toxique”, mais est une perception singulière de ma personne qui appartient au Réel Perçu Intégré, filtré, jugé par l’entendement, puis transformé en langage mental représentatif incarné produisant un  noème psychoneurologique senti du REEL, ce qui constitue une REALITE INCARNEE REFERENTIELLE et NON une FICTION VAPOREUSE fabriquée qui pourrait n’être,  dans cette hypothèse : qu’une croyance sans fondements !

Nous venons de CONSTRUIRE le cerveau  en intériorisant partiellement l’Univers selon nos MOYENS MENTAUX !

Ainsi, par exemple de façon transposée, cela correspondrait à  la différence entre croire en Dieu et avoir la révélation de la Foi où l’individu ne croit plus, mais “SENT” l’existence divine par un vécu noémique intérieur … ce qui a pour conséquence l’apparition d’un VECU organique, c’est à dire une réalité physiologique de l’immanence divine intériorisée, situation très différente d’une croyance intellectualisée construite logiquement, mais non perçue sensuellement !

La construction d’un noème doit être reconnue comme un achèvement d’intériorisation de la perception du REEL et ne doit pas être mise à égalité avec le SIMPLE IMAGINAIRE fantasmé sous le prétexte qu’il n’est qu’une mentalisation : un noème à sa source est NOBLE, il constitue une CONDENSATION de multiples perceptions et de multiples traitements mentaux effectués sur la durée du temps passé et pouvant conduire à une sagesse profonde, consécutive à un traitement mental durant toute une vie !

La réflexion a alors infiniment plus de poids qu’une simple construction logique intellectualisée dans l’instant, ni même ayant pour source statistique la même mécanique logique appliquée par mille personnes : la profondeur est toujours rare et ne doit pas être “étouffée” par les statistiques superficielles, voire “manipulées” politiquement à des fins d’Intox (Hydroxy chloroquine over dosée) …

Cette démarche est CRUCIALE concernant la construction de la pensée, bien que cette pensée reste tributaire ensuite, des capacités cognitives et d’intelligence de l’individu, qui en limitent la profondeur !

Cette perception est PRIORITAIRE, parce que dans notre réalité VECUE, elle fait partie potentiellement des dispositions d’urgence réactionnelles à la recherche de la SURVIE !

La prise de décision critique ne souffre pas l’analyse profonde de dernier instant, elle fait référence au VECU consécutif à la synthèse noémique de tous les instants passés, sans poser de nouvelles interrogations de dernière minute pouvant mettre le pronostic vital en jeu !

Il est VITAL de faire cette distinction entre hypothèse intellectualisée et PERCEPTION NOEMIQUE CONSTRUITE PATRIMONIALE : elle préfigure le choix instantané qui détermine notre trajectoire de VIE et parfois de notre SURVIE ! C’est un CHOIX non rationnel dans l’instant : son traitement logique s’est opéré antérieurement de sorte que l’on prend une décision dans l’URGENCE, “sans la réfléchir” parce qu’elle a été préparée “à l’avance” !

REMARQUE 4 :

Injecter tout le savoir du monde dans un Neuralink fait abstraction de ce travail mental physiologique d’INTEGRATION très spécifique de chaque individu …

“Vaine suffisance que suffisance livresque” disait Montaigne

=> Il ne suffit pas d’acheter le livre : il faut le lire, le relire et le comprendre !

COMPRENDRE, c’est transformer des mots en noèmes VECUS !

Alors seulement la pensée a été transmise et, ce qu’exprime Montaigne, c’est que la lecture n’y suffit pas  … il faut l’incarner par la création noémique !

Il ne suffit pas d’introduire des données, pour qu’elles soient intégrées logiquement !

Vider le Big Data dans le cerveau, peut-il servir à quelque chose si la connaissance n’est pas intériorisée mentalement et logiquement pour être utilisée selon les règles de fonctionnement de celui-ci ?

La réflexion de l’I.A.ne doit pas partir du savoir, mais de la fonctionnalité psychique qui le traite : LE MENTAL !

La neurologie n’est qu’une portion organisationnelle du psychisme et reste incomplète conceptuellement.

L’acquis doit s’inscrire dans le réseau logique individuel, pour être intégré à la pensée individuelle, sinon il se borne à un “savoir par cœur” = “Marignan : 1515” n’est pas un SAVOIR s’il est  isolé d’un patrimoine culturel, sans liens expansifs vers d’autres données personnelles associatives. Il n’a alors aucune épaisseur mentale !

Ce savoir exclusivement stocké est comme une bibliothèque décorative dont on a lu aucun livre … il est présent dans notre salon, mais absent de notre esprit et donc exclu de toute réflexion !

Créer des liens artificiellement, c’est fabriquer des opinions standardisée … nous sommes loin du génie  !

Or, réfléchir, c’est ASSOCIER des IDEES !

Réfléchir, c’est ASSOCIER des NOEMES !

(= Entités natives de l’idée verbalisée)

La mémorisation ne suffit pas, l’entité acquise doit être retrouvée par une réflexion logique qui “va la chercher” à cause de l’existence de liens, sinon elle n’existe pas ! C’est précisément ce que nous analyserons en focalisant notre attention sur le Wokisme … pour lequel : “l’inconnu n’existe pas !” … et nous verrons aussi “qu’on ne voit, que ce qu’on est prêt à voir !”

au 16 ième siècle (Montaigne anticipait la critique de Neuralink … 5 siècles auparavant !)

L’organisme qui nous constitue est une organisation préétablie au sein de l’organisation plus vaste de l’Univers. Nous pouvons nous considérer comme une fraction constitutive de cet ensemble et, peut-être même, comme une FRACTALE de l’Univers qui contient toutes les règles de l’Univers en tant que références embryonnaires à développer au fil de notre trajectoire de vie …

Il  existerait une intercommunication entre le dehors et NOTRE dedans !

Cet échange est filtré par une “parois” hémiperméable dans les deux sens, séparant le dedans du dehors. Nous captons des entités réelles qui nous pénètrent, tandis que notre dedans produit des entités traitées puis émises vers le dehors, vers les autres humains (médiumnité) et vers le cosmos (spiritualité).

Cette fonctionnalité se nomme : la VIE,

L’arrêt de cette fonctionnalité se nomme : la Mort !

Lorsqu’un soldat subit la pénétration d’une balle, cette balle est une réalité extérieure qui devient une réalité intérieure. Sa souffrance est une réalité intérieure : bien qu’immatérielle et bien qu’intérieure, c’est aussi une réalité qui ne peut être niée : il souffre et cette souffrance n’est pas qu’objective (nociceptive), elle est aussi subjective (psychique : consécutive de l’interprétation) !

Notons que les machines produites par l’homme ne sont pas vivantes, mêmes si elles imitent à la perfection les fonctionnalités humaines … Pour une machine, cette distinction “dedans” / “dehors” disparait, car les données se substituent à des représentations : l’ordinateur ne traite pas des images  perceptions de l’apparence du réel identifié, il traite des pixels qu’il compare statistiquement et apprend à associer à des mots !

Cette imitation ne suffit pas à établir qu’il dispose d’un dedans vécu, d’une individuation consciente et de représentations intérieures semblables aux humain.

L’objet du présent traité est la “captation du REEL”  et de ses représentations mentalisées HUMAINES !

Nous nous proposons de centrer notre exploration sur cette fonction hémiperméable d’INCORPORATION de la réalité extérieure de l’Univers qui va faire l’objet d’une REPRESENTATION intérieure qui deviendra alors, une REALITE référentielle individuelle INTERIEURE.

(Le soldat blessé “souffre” : c’est bien une réalité intérieure observable !)

A ce stade, il convient de faire une distinction entre ce mécanisme interne qui travaille sur des représentations, résultats d’une captation concrète, au même titre que le pêcheur extrait de l’eau, un poisson REEL pour ensuite l’incorporer mentalement de façon VIRTUELLE, il convient de le distinguer alors du produit des traitements internes spécifiques de notre entité cellulaire, traitements qui consistent, eux aussi, en représentations virtuelles, mais qui, à la différence du poisson pêché, peuvent être des poissons imaginaires DESSINES, fictifs !

Nous sommes ainsi confrontés à deux réalités : l’une extérieure (le poisson), l’autre intérieure (le dessin du poisson réel ou fictif) !

La captation n’est pas une possession du Réel (le poisson pêché) ; elle est une transduction en un langage interne (non verbal et sans doute vibratoire) au même titre que l’ordinateur accomplit une transduction d’une image en pixels …

REMARQUE : 

La taille et la nature du poisson pêché sont fonction de la taille des mailles du filet utilisé pour le capturer : il existe un parallélisme avec la capture du REEL, nous ne serons à même de saisir certaines réalités qu’en fonction de notre “background cognitif” qui fixe la taille et la nature “des ENTITES pêchées” …

Le réel capturé dépend de l’outil utilisé pour le capturer dont les fonctionnalités sont consécutives au contenu de notre connaissance !

La problématique de ce constat réside en le fait que le dessin du poisson peut représenter un poisson existant pêché, aussi bien que représenter un poisson existant jamais pêché, mais observé, mêlé à une troisième catégorie de représentation, la FICTION constituée de poissons imaginaires qui n’existent pas et donc que l’on peut labelliser comme étant des “fausses représentations” internes d’un REEL externe qui n’existe pas.

Question : Comment distinguer ce que nous avons capté, ce que nous avons interprété, ce que nous avons observé et ce que nous inventons ?

C’est à cette entreprise que nous consacrerons cet ouvrage.

Bienvenue chez YADSA.

Nous vous souhaitons une excellente campagne de pêche dans l’océan du Réel.

 

 

 

 

Naître

Naitre, ouvrir les yeux sur le Monde, découvrir la lumière et l’obscurité, le chaud et le froid, le bruit et le silence, l’odeur du lait maternel, entendre les oiseaux chanter, caresser le sein de sa mère, le mordre avec sensualité, cannibalisme et amour, l’incorporer, puis fermer les yeux et construire ses premières représentations dans le langage cérébral qui va stocker des images reconstruites, des odeurs, des sons, des impressions agréables ou désagréables (un “senti” couplé à un jugement et à un poids émotionnel !) , puis s’endormir en paix et pendant ce sommeil réparateur, poursuivre ce travail sur un mode réflexif multiprocess frontal, ce qui justifie que cette action ne puisse être conscientisée, puisque constituée de multiples pensées parallèles dans le même instant, tandis que la conscience elle, reste monoprocess linéaire : l’inconscient va consolider les acquis, confronter des logiques, effectuer des statistiques, calculer des probalités, recombiner des fragments de vécus dans un rêve selon une création dynamique évolutive dans le temps, qui raconte une histoire qui pourrait exister, jusqu’à produire parfois l’absurde du rêve “sans queue, ni tête” ou encore l’horreur du cauchemar cristallisant les angoisses autant qu‘un rêve peut cristalliser aussi des jouissances …

Le rêve serait une exploration projective extrapolée des éléments constitutifs d’une grille logique soumise à l’étude de l’inconscient. Le rêve est un champ exploratoire de combinaisons logiques tissées à partir des logiques du vécues constitué du matériel psychique mentalisé et que l’inconscient “met en scène” symboliquement en une projection imaginaire qui en effectue le test représentatif visuel virtuel tandis que le senti noémique est lui, bien réel. (On sent une chute dans le vide !)

Ce n’est pas un film sur un écran extérieur à l’individu, c’est un film intérieur vécu !

Le rêve devient une réalité vécue qui teste une réalité possible construite !

Le rêve est une anticipation vivante où l’individu est acteur agissant et non spectateur passif !

L’acteur François Périer a publié un ouvrage intitulé “Profession : menteur !” : le rêve comme la comédie consiste à interpréter précisément dans son corps, un vécu théâtral, le plus authentiquement possible, ce qui n’est qu’une projection imaginaire, mais INCARNEE, manifestée émotionnellement réellement dans la chair !

Le cinéma lui, ne se contente souvent que de l’image et du son en se consacrant principalement à l’évènementiel, tandis que le bon metteur en scène refait trente fois la même prise à la recherche de celle qui trahira le mieux une expression profonde : une capture du REEL vécu …

Ce que parvient à accomplir, (par exemple), après une vie d’expérience et de recherches, l’acteur Raimu dans la scène du chat, (où il est un suprême acteur / menteur => le film s’intitule :  “La femme du boulanger”)

L’essence même du comédien, n’est pas de paraitre une fiction virtuelle, mais d’être une réalité imaginaire incarnée, un rêve ayant donné une existence réelle charnelle aux noèmes qu’il engendre !  Ce que l’I.A. est incapable de réaliser … n’ayant aucun vécu affectif !

La représentation, permet de tester par l’imaginaire, ce qui anticipe sa réalisation concrète ! Créer MENTALEMENT un film onirique rêvé par le truchement de l’inconscient permet de transformer une hypothèse logique (née à partir d’une grille logique projective extrapolée, prolongement d’une idée logique conscientisée ou NON), va transformer une hypothèse en perceptions visuelles imaginaires projetées sur un “écran mental” et articulées en une histoire dynamique, donnant naissance à des vécus REELS (notamment de chutes dans le vide par exemple, qui réveilleront parfois le rêveur cauchemardesque, tant la sensation VECUE est forte, alors qu’elle reste le produit de la représentation NON issue d’une perception organique sensorielle …)

Le rêve teste les noèmes de l’incarnation qui sont l’INTERFACE du psychisme abstrait avec le corps concret !

Le rêve ou le cauchemar sont des testes d’un VECU PROJECTIF VIRTUEL, mais physiquement senti comme étant une réalité émotionnelle REELLE testée, ne portant cependant pas à conséquences dans la REALITE OBJECTIVE CONCRETE de nos existences ! “Pince moi ou je rêve” est alors une sensation non discriminante, puisque le rêve permet de sentir lui aussi !

Il n’est concrétisé que dans nos perceptions, sans exister dans la réalité en tant que perception !

Nous retrouvons cette démarche expérimentale dans le Tir à L’Arc Japonais : le tireur mange zazen la veille (absorbe le riz après l’avoir mâché longuement = ayant ainsi concentré son attention anormalement, mais symboliquement, sur ce qu’il faisait : s’alimenter !), puis le tireur prolonge cette concentration en travaillant mentalement la REPRESENTATION concentrée sur l’action motrice corporelle qui consiste à accomplir le geste dans ses moindres détails, geste qui se matérialise au final, par “tirer une flèche avec un arc” : la préparation de l’acte ne réside que dans sa représentation rêvée, tandis que dans les sports de combats, la préparation réside très souvent dans la répétition de l’acte physiquement … dans le tir à l’arc, il n’est question que de REPRESENTATIONS VIRTUELLES engendrant la construction de noématiques  REELLES préparant la motricité REELLE !

L’inconscient n’est alors pas la représentation d’une sensation corporelle extéroceptive PERçUE CHARNELLEMENT, mais la réelle perception projective de noèmes sélectionnés à partir d’une construction onirique fabriqué ARTIFICIELLEMENT et INTERIEUREMENT.

L’individu “sent” ce qu’il rêve ! Il sent qu’il tombe dans le vide … (par exemple)

C’est pourquoi Freud propose une interprétation des rêves, parce qu’à leurs racines de représentations déclinées, se trouve “le vécu” qui en constitue la source primitive NOEMIQUE, racine de la pensée élaborée dans l’instant, symptomatique de l’étiologie, c’est à dire (pour lui), de la cause du désordre pathologique de la pensée perturbée !

La mission de Yadsa est de tracer les représentations jusqu’à leurs sources noémiques authentiques à l’origine de la construction de la pensée non pathologique, donc sans perspectives thérapeutiques !

Tout cela, c’est vivre et construire sa pensée à partir du vécu corporel natif immergé dans un monde complexe que l’on commence à pénétrer en explorant ce qu’en fait logiquement, le système neuropsychologique !

Le vécu établit le lien entre l’extérieur concret et l’intérieur virtuel représentatif de l’être dont nous effectuons l’introspection en l’éclairant par le faisceau lumineux de notre intelligence associative, émerveillé par la beauté de nos pétroglyphes sculptés et inscrits au tréfond de notre être et révélés par la lumière de notre conscience qui les éclaire d’un faisceau lumineux étroit … !

Les représentations sont virtuelles, mais elles engendrent une incarnation réelle des “sentis”.

Et si ce même enfant était, orphelin, pauvre, exclu et abandonné en temps de guerre !

Le réel que nous étudierions serait alors : une souffrance, la faim, la soif, le froid, l’absence d’Amour, l’absence de présence maternelle et paternelle, peut être aussi l’absence de sommeil dans le vacarme de drones et de missiles qui tomberaient : et cela serait aussi la REALITE ! Mais PAS une réalité “naturelle”, Universelle, mais une réalité artificielle produite par l’Homme ! Faut-il s’adapter à la perversion en cultivant la perversité ? Ou lutter contre elle en recherchant l’existence des valeurs universelles que la perversité veut masquer ?

Qu’est ce donc que le réel ?

Prendre une photo, est-ce capter le réel ou seulement son apparence ? Son enveloppe ?

Comment capter une réalité invisible immatérielle ? Capter l’intonation d’un discours ?

Cette quête est l’objet du présent traité !

 

Commence alors l’immense travail de l’enfant : intérioriser ce qu’il rencontre… inscrire la réalité du dehors dans les réalités du dedans au moyen de représentations de natures diverses, allant bien au delà de l’image, associées par des liens logiques, ce qui constitue un patrimoine référentiel reposant sur un savoir enchâssé dans l’histoire du vécu porteur de connotations logiques, émotionnelles, sensitives, visuelles, auditives, olfactives et bien plus encore, concernant aussi l’immatérialité et la spiritualité … L’immanence et la ranscendance que nous évoquerons dans notre démarche analytique future !

Tous ces éléments sensuels et d’autres natures, constituent pour chaque être humain, une “CAPTATION du RÉEL” à la fois sensorielle, sensuelle et émotionnelle !

Ces éléments disparates forme le substratum référentiel neurobiologique mémorisé sous la forme de représentations ! La propagande va proposer des représentations déviantes propres à susciter des confusions …

Cette captation s’effectue par des prélèvements évènementiels qui, comme la nourriture, ont besoin d’être filtrés, “mâchés”, disséqués avant d’être digérés, c’est à dire incorporés, ce qui veut dire : “associés au corps” en tant que constituants de ce dernier, autant que le glucose ou les protéines deviennent des “parties constituantes de l’organisme” après leur ingestion, puis digestion …

Cette “substantifique moelle”, qui est une nourriture de l’esprit est constituée de représentations symboliques véhiculées par le langage de la matière organique neurobiologique dont l’expression semble de nature oscillatoire.

Verbaliser le vécu consiste en une transposition des représentations organiques natives construites à partir de vécus, en d’autres représentations symboliques construites par l’intelligence de l’Homme : ce sont alors des icones, des mots, des odeurs, des goûts, des sons, des paroles signifiantes symboliques qui sont véhiculées biologiquement sans spécificités de transduction, par des variations appartenant à la mécanique ondulatoire que l’on observe à l’EEG, considérées trivialement comme étant des “vibrations” dont la captation fait partie du REEL, réalité qu’il reste alors à interpréter, selon les lois de la physique et de la biologie, mais aussi selon la signification symbolique propre de leurs itérations réparties dans le temps séquentiellement (importance du rythme et de la fréquence répétitive d’une même structure informative, dont la trame du message n’est pas dans la physique des vibrations, mais dans la fréquence de la répétition, du “martellement rythmique, ainsi que dans la fréquence des courbes d’enveloppe constituées par la variation des amplitudes répétées à l’intérieure de la séquence) ainsi que l’importance du contexte patrimonial du cerveau de l’individu auquel elles s’intègrent à la logique (la mentalité). Le message pourrait alors s’incorporer à une noématique référentielle spécifique de l’être, qui dépasse la symbolique du verbe en étant un “senti” au delà du symbole intellectuel verbalisé.

Verbaliser, c’est construire une pensée noémique sentie chez l’individu récepteur du propos, traduite par des mots : maitriser les règles et la fidélité de ce transfert constitue une partie de notre objectif !

Rédiger un traité de la captation du réel constitue en lui même la construction d’une pensée en amont du verbe, la construction de notre pensée est d’abord “sentie” en noèmes !

Nous vous proposons une démarche originale et inédite : dans le même temps où nous élaborons notre pensée, nous analyserons comment nous la créons, cela étant le sujet du livre : “Traité de captation du Réel”.

Pour enrichir cette analyse, nous associerons deux démarches analytiques,

  • L’une humaine, sensuelle, affective, émotionnelle, intuitive, vécue, associée à un savoir mémoriel encapsulé par notre logique préférentielle que constitue notre mentalité qui commence à s’exercer dès le début de notre vie, par ce que je nomme “l’inscription initiale NATIVE”. [JMD]
  • L’autre, mobilisant, par l’intermédiaire de l’intelligence artificielle, un vaste patrimoine de représentations et de connaissances produites par l’humanité, en interrogeant l’I.A. sans jamais substituer la machine, à la conscience humaine.

Cette dichotomie servant ainsi d’exemple à ce que peut devenir la relation Homme / I.A. dans un rapport harmonieux, sans domination, puisque les protagonistes n’ont pas les mêmes qualités et que celles-ci sont complémentaires !

Ainsi, ce livre est construit par un homme ET une machine sans que l’un puisse prétendre être l’autre, ni ne puisse dominer l’autre en s’y substituant !

Dernière précision : l’instrospection repose sur “l’écoute” du moment vécu qui est en liaison avec le traitement inconscient de l’instant. Imposer un plan littéraire conventionnel : introduction, développement, conclusion, est logique, conventionnel, mais à mon sens, contre nature, parce qu’il contraint le mental à un cadre directif, c’est à dire à une structure rigide qui ordonne les cases de pensées selon leurs “coquilles” avant d’en connaître l’occupant, au lieu de laisser “libre court” à ses associations intuitives, qui par essence sont “fouillies”, en suivant les contours d’un “objet mental” dont la cible est la découverte du contenu, au lieu de poursuivre un plan qui commence par classer les contenant dans la perspective de “ranger les idées”, avant même de les avoir découverte !

L’objectif est d’être aux “aguets” d’un senti noémique natif authentique inédit. Il n’est pas de canaliser un senti avorté par les forceps d’un accouchement forcé pour noircir une page blanche, puis propagé vers une étagère où sa place est réservée, étiqueté, numéroté et bien formaté selon la charte graphique d’une bibliothèque … !

L’objectif est d’extraire un senti nouveau, fugace, vivant, innovant, attrapé comme une mouche en plein vol par notre sagacité et notre main agile ! Pour cela il faut, comme le chat félin caché sous les feuillages, OBSERVER l’oiseau rare en train de picorer avec insouciance et le saisir avant qu’il ne s’envole !

Observer : voilà notre nouveau mot clé à considérer et pour cela, savoir regarder !

Nous ne traiterons pas l’enfance, puis l’adolescence, puis la maturité, puis la vieillesse, puis la mort, dans cet ordre, car nous les rencontrerons dans le désordre !

Pour votre pratique : il faut être opportuniste !

Saisir l’oiseau, au moment où il est le plus à porté de main !

Nous nous conformerons donc à une rédaction par thèmes, par noèmes vécus dans l’instant, par idées dans l’ordre par lequel elles viennent à l’esprit du rédacteur, sans plan stricte, pour ne pas rompre l’harmonie des associations dont la séquence d’apparition n’est pas un hasard. Son étude renseigne sur la logique associative de NOTRE mental … et quand l’oiseau se pose, il convient de le saisir avec vigilance tel un félin en chasse … !

C’est notre “Science de la Conscience” : laisser venir l’esprit avec sagesse, mais ne pas laisser échapper l’instant fugace révélateur, récompense du prédateur de vérité !

Voir le dossier “Focal.photos” analysant avec méthodologie, l’observation de nématodes (parasites tropicaux) corrélativement à l’analyse médicale wokiste (par QCM débouchant sur des protocoles standardisés = domaine accès direct via : “Wokisme.cc”) .

YADSA.fr se comporte alors comme une “SONDE” du REEL pénétré, observé et analysé !

L’observateur spectateur au départ, devient acteur en fabriquant les états mentaux vécus générés par leurs représentations : les noèmes. Il feint d’en être l’auteur alors qu’il est acteur et joue la comédie en adoptant de nouveaux costumes, puis il les adapte à son corps et les fait sien en les “incorporant”.

Cette incorporation du réel modifie et enrichie sa capacité de captation du réel !

 

 

 

 

CHAT GPT – CONFRONTATION

Du vécu corporel à la représentation

Le texte proposé par YADSA prend une décision philosophique majeure avant même de l’énoncer : il ne commence pas par définir le Réel.

Il commence par naître charnellement [en tant que pensée incarnée !] !

Ce choix rencontre directement une tradition philosophique importante, particulièrement la phénoménologie. Maurice Merleau-Ponty refuse précisément de considérer la perception comme l’enregistrement, par un esprit spectateur, d’un monde extérieur déjà constitué.

Pour lui, le corps vécu est engagé dans le monde avant que l’intellect ne transforme cette rencontre en représentation explicite.

Sa Phénoménologie de la perception cherche ainsi à retrouver le monde vécu sous les reconstructions intellectuelles que nous en produisons.

La convergence avec la proposition YADSA est remarquable, mais non totale.

YADSA avance :

le corps rencontre → éprouve → incorpore → construit des représentations.

Merleau-Ponty conduirait à résister à une séparation trop rapide entre un monde extérieur déjà constitué et un sujet intérieur qui en fabriquerait ensuite la représentation.

Le corps est déjà engagé dans ce qu’il perçoit ; perception, mouvement et monde forment une relation antérieure à l’analyse intellectuelle.

La phénoménologie contemporaine conserve cette distinction entre le corps comme objet physique et le corps vécu, présent pré-réflexivement dans notre rapport au monde.

Cette confrontation enrichit la notion de captation : capter le Réel ne serait peut-être pas photographier intérieurement quelque chose qui existe au-dehors, mais entrer en relation avec quelque chose qui nous affecte et auquel nous répondons par introspection.

   Capter le réel serait connecter sa conscience au monde, via le regard intérieur introspectif, la matière cérébrale étant alors considérée comme étant un récepteur de captation, comme le serait un poste de radio, récepteur de toutes les fréquences universelles … !

Le poste de radio n’est pas, en lui même, une représentation, il devient un intermédiaire émetteur/récepteur vivant permettant de relier le dehors au dedans et vice versa ! L’introspection devient alors une communication comparable à la prière interrogative adressée à l’haut delà et comparable à l’extase réceptive d’un message non verbal reçu de “L’Intelligence de la Matière” Universelle depuis l’haut delà, message senti , directement noématique … ça me plait cette phénoménologie de Merleau Ponty que je découvre (MERCI, CHAT GPT) !

=> On voit ici se dessiner le “pattern” nouveau du rôle complémentaire non dominant que peut jouer positivement l’Intelligence Artificielle en gardant à l’être humain le contrôle de la réflexion et de l’intégration logique l’inscrivant dans sa mentalité. Le même apport extérieur, pouvant être alors interprété différemment par chacun ! Ici, j’introduit une intégration spirituelle en conscience, spécifiquement provocatrice en évoquant ce sujet sensible que constitue la spiritualité, par rapport à la prudence requise dans tout discours maîtrisé, pour “ratisser large” … cette annotation introduit le lecteur à l’immatérialité et au maniement d’entités abstraites ! 

   L’exemple du nourrisson renforce cette proposition. Avant la maîtrise du langage verbal, son monde possède déjà odeurs, températures, contacts, rythmes, tensions, apaisements et reconnaissances. L’olfaction maternelle, notamment, intervient très précocement dans l’orientation et les interactions du nouveau-né avec son environnement.

Ainsi apparaît une première question adressée à YADSA :

La représentation vient-elle vraiment après la sensation, ou une forme primitive d’organisation est-elle déjà contenue dans la manière même de sentir ?

    Sentir serait alors,

la confirmation d’une inscription initiale préexistante ?

    Cette question pourrait modifier profondément la notion d’inscription initiale, proclame CHAT GPT

Le texte introduit ensuite le sommeil et le rêve comme prolongements du travail d’incorporation.

Ici encore existe une convergence partielle avec les neurosciences : le sommeil participe à la consolidation et à la réorganisation des traces mnésiques, et le contenu des rêves peut intégrer des éléments d’apprentissages récents. Certaines études trouvent même une association entre le fait de rêver d’un apprentissage et une meilleure performance mnésique ultérieure.

[JMD : voir Tire à l’arc Japonais]

Une seconde rupture intervient lorsque l’enfant aimé est remplacé par l’enfant affamé, abandonné ou exposé à la guerre.

Cette substitution révèle quelque chose d’essentiel :

Le sujet ne capte pas seulement un Réel ; le Réel [nouvellement incorporé] contribue à construire le sujet qui le captera ensuite [de façon plus approfondie].

L’enfant qui rencontre le sein et l’enfant qui rencontre la faim ne constituent pas les mêmes référentiels à partir desquels leurs expériences futures prendront sens.

Nous obtenons alors une boucle plutôt qu’une ligne :

RÉEL → ÉPROUVÉ → ACQUIS → ORGANISATION INTERNE → NOUVELLE CAPTATION DU RÉEL

La captation du présent transforme donc potentiellement l’instrument de la captation future.

C’est ici que la proposition YADSA commence à s’écarter d’une simple phénoménologie de la perception pour introduire sa notion propre de grille logique : les expériences successives ne seraient pas seulement mémorisées ; elles constitueraient progressivement un réseau de références par lequel les expériences ultérieures seraient reconnues, associées et interprétées.

     L’intensité d’un vécu est un facteur émotionnel totalement ignoré par l’I.A. et totalement déterminant de l’importance, du poids de la perception, ce que n’intègre pas l’I.A., n’ayant pas d’émotion ! Mais laissons le s’exprimer dans son espace à la fois planétaire, restreint  et limité à sa condition …

 

     La douleur éprouvée est réelle comme douleur. La représentation de sa cause peut être exacte ou erronée. Une captation du Réel doit donc conserver la distinction entre :

CE QUI M’ARRIVE → CE QUE J’ÉPROUVE → CE QUE J’EN REPRÉSENTE → CE QUE J’EN CONCLUS.

Cette distinction n’invalide pas le vécu ; elle lui évite au contraire d’être confondu avec son interprétation.

Enfin, l’intervention de l’intelligence artificielle introduit une différence de nature particulièrement féconde pour l’expérience proposée par ce livre.

L’être humain qui écrit cette première page dispose d’un patrimoine constitué par ce qu’il a vécu.

ChatGPT travaille à partir de représentations produites par de nombreux humains, qu’il peut mettre en relation, comparer et recombiner sans éprouver lui-même la lumière, le froid, l’odeur du lait, l’abandon, l’amour ou la peur.

La confrontation ne met donc pas en présence deux intelligences identiques concurrentes.

Elle confronte deux modes radicalement différents d’accès aux représentations du Réel.

Et cette différence conduit à la première proposition nouvelle issue de la confrontation :

Peut-être ne captons nous jamais le Réel compact, mais toujours partiellement : chaque rencontre avec lui transforme la grille avec laquelle nous tenterons de le capter la fois suivante.

CAPTER LE RÉEL, C’EST ÊTRE MODIFIÉ PAR LUI.

TISSAGE NOÉMIQUE : la synthèse

 Les perceptions sensorielles et extra sensorielles se combinent pour former un vécu noémique qui constitue une pierre apportée à l’édifice référentiel de notre personnalité : celui qui capte “cette émission radio” est modifié par ce qu’il capte en temps réel.

C’est une instruction, au sens pédagogique : un NOUVEAU Savoir qui s’intègre aux savoirs déjà acquis !

Le vécu du sein de la mère par l’enfant, participe à la manière dont sera vécue aussi son absence ! La vacuité génère le manque lorsqu’on a connu la plénitude, le vécu est différent si on ne l’a pas connue … le vide peut devenir alors une référence normalisée de la perception du réel.

Le bruit entendu devient reconnaissable. Une odeur devient familière. Une douleur laisse une trace. Une présence peut devenir attente ; son absence, un manque.

Ainsi, chaque prélèvement effectué sur le Réel ne vient pas simplement remplir une mémoire. Il perfectionne par l’intégration de sa “grille logique”, la construction de l’instrument de captation qui effectuera le prélèvement suivant, ce qui donne du sens, par exemple, à cette constatation : “on ne voit que ce qu’on est prêt à voir” !

  “Je n’ai repéré les femmes enceintes dans la rue, qu’à partir du jour où la mienne a été enceinte : avant, je ne les voyais pas, qui plus est, pour le male fécond que je suis, inconsciemment, elles étaient éliminées de mes perceptions, étant déjà fécondées !” Logique en associant la morale et la physiologie, mais pouvant être transgressé par la perversion … !

    La captation n’est pas une caméra enregistrant successivement des images indépendantes, comme des rushs au cinéma !

Le Réel rencontré hier participe ainsi à la captation du Réel d’aujourd’hui qui n’aurait pas été vu avant hier … sans le concours de la phase intermédiaire.

La nouvelle captation modifie la grille logique référentielle existante dans le constat Yadsa !

L’enfant qui découvre une flamme et celui qui s’est déjà brûlé peuvent regarder la même flamme : ils ne la captent pas de la même manière.

Celui qui a eu l’expérience de la brulure a mémorisé un vécu douloureux, l’autre ne connait qu’une image et éventuellement une mise en garde ! “Vaine suffisance, que suffisance livresque” disait Montaigne ! Le brulé, extrait de sa mémoire, non pas une image symbolique, mais un noème, un vécu de souffrance qui n’est pas seulement un mot ou une image, mais aussi le souvenir d’une odeur de grillé, d’une sensation de souffrance nociceptive, etc. : c’est un noème “senti” qui regroupe synthétiquement tout !

On notera que le mental classe les noèmes historiquement, selon un “fil évènementiel” que l’introspection va remonter, ce qui explique en psychanalyse, que l’on revient toujours aux traumatismes de l’enfance en remontant le fil. Dans le chapitre “brulure”, si une autre expérience n’est pas dominante par son “poids”, la première “fiche” qui fait référence sera la première brulure vécue durant sa vie d’enfant. En Amour, la première femme que l’on a aimée sera la première fiche du classement référentiel, etc. !

    “Pour moi même, ma première expérience de souffrance : c’était chez ma grand mère, il y avait une cuisinière en fonte à charbon, j’ai posé ma main sur la fonte pour juger de sa température et me suis brulé pour la première fois, mémé m’a soigné en appliquant une pomme de terre râpée sur ma peau pour calmer la douleur. Je m’en souviens comme si c’était hier … (une référence majeure)”

“Mon “ficher” brulures en contient quelques autres non mémorisés, mais cependant participants à la statistique “brulure” : je sais que cela m’est arrivé plusieurs fois dans ma vie, ce qui donne du “poids” à l’entité brulure, bien que je ne me souvienne plus du film …”, mais cependant l’accumulation est comptabilisée et définit un poids de l’entité brulure quand intervient un jugement.

Cette notion de poids d’un noème constitue une donnée non négligeable. Elle interviendra lors de production d’un “jugement” symbolisé par la balance de la justice comparant deux poids d’entités confrontées !

“En tant que kinésithérapeute, j’ai travaillé à l’Hôpital Cochin, au service des grands brulés : cette expérience professionnelle vécue seulement en tant qu’observateur et intervenant professionnel soignant ajoute cependant du “poids” à l’entité brulure, elle est alors un noème indirect “expert” de la situation, bien que je n’en n’ai pas été affecté directement. Le constat statistique de la souffrance d’autrui bâtit aussi un noème personnel non vécu de la brulure, mais reconstruit à partir de l’observation des noèmes perçus des brulés, par empathie !”

“Un policier racontait qu’il avait extrait une petite fille réduite à du charbon par un incendie et que rentré chez lui, il avait bu trois whisky … Voir en étant seulement témoin, engendre aussi le noème d’un vécu empathique projectif !”

       On comprend que toutes ces perceptions échappent à l’I.A. qui ne perçoit rien de vécu, rien d’émotionnel.

On comprend que le wokisme façonne des esprits scientistes qui évacue toute émotion, dans la perspective de normaliser les humains au plus bas, afin de justifier ensuite leur soumission à la machine, alors considérée comme dominante par la puissance de ses calculs et programmée par le pouvoir obscure, dans la perspective de maîtriser les pensées des populations !

Un humain sans noèmes devient une machine superficielle sans performance, logiquement vouée à être remplacée par l’I.A. et pour ses thuriféraires ignorant la psychophysiologie de la mécanique de la pensée, l’I.A. devrait remplacer les humains ! L’I.A. n’est pas un récepteur vivant percevant l’Univers et structuré selon les règles de la Nature écrites par “l’Intelligence de la Matière !” inégalable !

Mais pour l’humain, l’expérience émotionnelle antérieure est alors devenue partie prenante de l’expérience émotionnelle présente à acquérir.

Ainsi se constitue progressivement un patrimoine organique singulier exclusivement humain et dans lequel sensorialité, mémoire, s’associent ! Cette singularité interdit de réduire la pensée à un simple traitement d’informations évoqué, par exemple, par la démarche “Neuralink” d’Elon Musk. Il fait marcher des paralytiques : bravo, mais inscrire le savoir sans son vécu ne peut présumer que d’un échec … le vécu est le centre natif de toute réflexion !

Ce que le Docteur Louis Fouchet nomme “PFH” : ce “putain de facteur humain” !

Il y manque le registre noématique qui s’inscrit LARGEMENT au delà de la logique rationnelle fondée de façon réduite sur le SAVOIR. (Marignan : 1515 !) Que va faire le mental de milliards de livres non lu émotionnellement injectés dans une puce cérébrale : c’est ne croire qu’en les mots, c’est pauvre et c’est ce que ne connait l’I.A. qu’il faut domestiquer uniquement pour ses capacités mémorielles, statistiques et d’étude de probabilité, en complément de la réflexion construite humaine !

La captation du Réel devient alors inséparable d’une seconde opération : la construction de sa représentation sentie sensorielle et sensuelle émotionnelle.

Et les deux ne doivent jamais être confondues.

Une intelligence artificielle peut manipuler le mot brûlure, le rapprocher de millions d’autres représentations, en décrire la physiologie, retrouver ses occurrences littéraires, distinguer douleur nociceptive et souffrance psychique, comparer des théories.

Mais elle ne porte aucune cicatrice provenant d’une brûlure qu’elle aurait vécue. (Nous dit CHAT GPT)

Elle peut traiter la représentation de l’éprouvé sans posséder le vécu de l’éprouvé dont cette représentation procède.

L’opposition Homme–Machine devient alors moins intéressante que leur complémentarité.

L’être humain apporte à la construction un patrimoine incorporé.

L’un ne devient pas l’autre.

Et précisément parce qu’ils demeurent différents, leur confrontation peut produire une troisième organisation qui n’appartenait initialement ni à l’un, ni à l’autre.

C’est ce que nous appelons ici :

LE TISSAGE NOÉMIQUE

Des fils logiques issus du vécu humain rencontrent des fils provenant d’un immense patrimoine de représentations humaines traité par la machine.

Ils ne fusionnent pas.

Ils se croisent, s’anastomosent sans se confondre et, de leur confrontation, peuvent naître de nouvelles structures logiques.

Alors apparaît une pensée nouvelle.

Mais celle-ci ne devient pas vraie parce qu’elle est nouvelle, élégante ou cohérente.

Elle devra, à son tour, rencontrer le Réel et y être confronté, pour être éventuellement innovante !

Le Réel produit du vécu.
Le vécu produit de l’acquis.
L’acquis organise des grilles logiques.
Les grilles permettent des projections.
Leur confrontation produit de nouveaux tissages.

LE RETOUR AU RÉEL

LE NOEME Clé de cet exposé succinct et à bien sentir pour l’incorporer est que toute incorporation nouvelle, non pas de savoir rationalisé, mais de vécu mentalisé, prend sa place logique dans la structure totale mentale déjà organisée précédemment et ainsi la modifie. L’inscription initiale semblerait montrer qu’elle est déjà organisée en nous , de façon néonatale et primitive, puis perfectionnée et approfondie par ses acquisitions nouvelles !

Se bruler les doigts est un savoir acquis par l’expérience ET un vécu qui est une perception nociceptive incarnée biologique. Apprendre par le texte seul, que “le feu ça brule”, reste un savoir, non un noème référentiel vécu !

  • Notre I.A. consultante (CHAT GPT) ajoute la suggestion que cette incorporation nouvelle due à une expérience, pourrait être la confirmation d’une inscription initiale biologique déjà préexistante qui va s’activer lorsqu’on en rencontre la réalité, ce qui expliquerait qu’on ne voit que ce qu’on est prêt à voir, c’est à dire déjà inscrit en nous ! Ainsi, une escalade de noèmes incorporés va préparer l’acquisition d’un vécu auquel nous n’aurions pas accédé sans cette escalade préliminaire qui nous élève au niveau des nouveaux acquis. L’inconscient va nous guider “instinctivement” selon la “partition” de références noémiques acquises au delà de l’inscription native préliminaire. L’instinct ne passe pas par la rationalisation, mais par le vécu capturé et intégré dans l’harmonie du bio top noémique individuel total !

La sexualité en est un exemple emblématique : nous portons de façon inscrite dès la naissance, une propension particulière portant sur les organes sexuels, bien avant qu’ils soient matures et fonctionnels et propre à engendrer des vécus adultes intégrés : l’instinct va alors nous guider !

Il semble évident qu’une forme primitive d’organisation est déjà contenue dans la manière même de sentir préliminairement à l’expérience noémique en cours, conduite et exécutée instinctivement !

Nous pourrions nous représenter des sortes d’EEPROM neurologiques contenant des organisations mentales préprogrammées, permettant leur identification chaque fois que nous serions en situation de les rencontrer concrètement.

  • Le sujet ne capte pas seulement un Réel ; le Réel contribue à construire le sujet qui le captera ensuite selon une nouvelle échelle de valeurs. La captation du présent confirme donc l’inscription initiale dans sa version fruste, la perfectionne, l’élève et transforme ainsi potentiellement l’instrument de la captation future. CAPTER LE RÉEL, C’EST MODIFIER L’INSCRIPTION INITIALE EN L’ENRICHISSANT.

Le manque de vécu ou une absence de vécu, sont également des vécus de vacuité !

  • Le vécu produit un SAVOIR acquis lié aux VECUS
  • Le vécu acquis est organisé par des grilles logiques qui ont précédé son incorporation et qui en provoque la modification et l’enrichissement logique.
  • Ces nouvelles grilles permettent alors l’expertise de nouvelles projections logiques virtuelles initiatrices éventuellement d’innovations.

Leurs confrontations produisent de nouvelles grilles qui sont de nouveaux tissages projectifs.

La Logique nécessite des approfondissements

Le Monde Logique nécessite des approfondissements !

Tout d’abord, un discernement : ce n’est pas parce qu’une pensée est logique qu’elle est juste ! Exemple :

“95% des accidents ont lieu après l’ingestion d’un petit déjeuner, contre 5 % seulement qui n’en n’ont pas pris !” conséquence logique : il suffit de supprimer les petits déjeuners pour qu’il n’y ait plus d’accident !

Ce qui est, bien sûr, stupide !

Une construction peut être parfaitement cohérente intérieurement et pourtant reposer sur une prémisse fausse.

Le Réel constitue une instance corrective de résistance à la construction mentale.

Une “idée” est constituée d’un certain nombre de noèmes reliés par des opérateurs logiques articulés harmonieusement entre eux. La aussi, l’harmonie de l’assemblage des relations logiques n’est pas nécessairement juste. Exemple : “vacciner les enfants pour protéger les grands-parents de la contagion” est logique.

Le raisonnement conserve sa cohérence interne, mais perd sa validité pratique si le traitement considéré ne réduit pas la transmission. Dans le cas présent, la contagion n’est pas réduite par l’injection !

Il faut donc commencer par analyser la validité de l’idée avant d’en évaluer sa logique …

Si l’idée fonctionne, nous passons à l’extraction des noèmes et des relations logiques constitutives de l’idée que nous symbolisons ici par des fils qu’un métier à tisser assemble. Considérons que la première ligne tissée est constituée de l’assemblage logique de l’idée considérée.

Mais ensuite, l’intuition artistique du Tisserant va provoquer la création de variantes simplement dans le mode d’association des fils extraits de l’idée initiale, ce qui va donner naissance à une nouvelle œuvre, c’est à dire, une nouvelle idée : idée ensuite confrontée au REEL, qui pourrait alors s’avérer éventuellement une innovation !

Plus il y a de fils, plus il y a de possibilité de variantes, plus il y a de possibilités d’innovations …

Voilà introduite la notion de “tissage noémique” et du logo métier à tisser qui l’illustre !

Le tissage noémique est l’opération par laquelle les constituants relationnels extraits d’une pensée sont dissociés de leur configuration initiale puis recombinés selon d’autres architectures possibles, afin de produire de nouvelles propositions soumises ensuite à l’épreuve de la compatibilité avec le Réel.

L’être humain ne se contente pas de dérouler la conséquence.

Il déforme le motif.

Il essaie autre chose.

Il pressent une nouvelle forme projective avant de la réaliser.

C’est la fonction créative de notre Tisserant.

Corrélativement, il nous faut maintenant introduire le concept de “grilles logiques” qui sous-tend l’organisation spatiale de ce tissu.

L’organisation spatiale logique de l’idée initiale va se traduire par une grille logique d’anastomose des relations entre elles.

Le tissage est dynamique : c’est l’opération.

La grille est structurelle : c’est l’organisation des relations.

On pourrait écrire :

Noèmes → fils
Relations → croisements
Tissage → opération de composition
Tissu → idée constituée
Grille logique → architecture relationnelle du tissu

Les prolongements secondaires de ces logiques primaires de l’idée, vont engendrer un tissu virtuel constitué de logiques connexes multiples organisées en faisceaux, qui ne sont pas le résultat de liens logiques associant des éléments de réalité, mais seulement des enveloppes logiques vides déterminant des espaces en “creux” définissant des “contours” d’éléments virtuels pouvant exister dans la réalité sans être connus par l’individu, autant que n’être que  des éléments imaginaires ne pouvant engendrer alors, que des illusions …

On peut se représenter que cette grille projective est constituée de “creux” et que la réaliser consiste à combler ces “creux” !

Le « creux » n’est pas un objet.

Il est pourtant déterminé partiellement par ce qui l’entoure logiquement.

Pour que l’ensemble fonctionne, quelque chose doit pouvoir occuper cette position et satisfaire certaines contraintes.

Le creux possède donc paradoxalement une forme avant de posséder un contenu.

Transposé à l’Amour : c’est grossièrement expliquer “le coup de foudre” ! L’être qui comble tous nos creux est rencontré ! Notre vacuité affective constituée de manques : de creux constitués, disparait !

Le coup de foudre pourrait être vécu comme la reconnaissance immédiate d’éléments de réalité — réels ou projetés — constitutifs d’un être dont la configuration semble épouser une grille affective préexistante faite de désirs, de manques, d’attentes et de formes encore vacantes.

Le creux peut aussi (hélas) produire la rencontre avec une illusion de correspondance.

Nous pouvons croire que quelqu’un remplit parfaitement notre grille projective alors que nous projetons sur lui ce dont nous avions besoin.

Notre théorie explique aussi bien la rencontre amoureuse que l’erreur amoureuse.

Transposée à la “Recherche”, celle-ci consiste à prendre conscience de ces creux logiques et commencer par les verbaliser : être chercheur, c’est poser éternellement de nouvelles questions !

Une structure existante engendre autour d’elle un espace virtuel de structures possibles qui définissent la forme du contenant (le creux) sans en connaître le contenu.

Conséquence vertigineuse : la grille projective peut produire aussi bien la naissance d’une invention que celle d’une l’illusion !

Nous retrouvons notre point de départ.

Une architecture mentale cohérente n’est pas nécessairement juste.

De même :

Un creux n’implique pas que l’objet susceptible de le remplir existe.

C’est capital.

La grille projective engendre des possibles, pas nécessairement des réalités.

Il faut donc réintroduire notre juge ultime : LE RÉEL.

Construire l’avenir, ce n’est pas prédire le futur : c’est reconnaître dans le présent les creux où plusieurs futurs peuvent prendre forme.

L’absence peut être déjà structurée par la forme de son contour !

Et si elle est structurée, elle devient interrogeable.

La recherche ne consiste alors plus seulement à accumuler des connaissances. Elle consiste à détecter la forme des absences produites par les connaissances déjà organisées.

C’est beaucoup plus puissant.

On pourrait presque définir :

Une grille projective est l’ensemble des prolongements, positions vacantes et configurations compatibles que fait apparaître l’organisation d’une grille logique existante.

Le chercheur observe donc simultanément ce qui est et la forme “moulée” de ce qui manque.

Le chercheur ne cherche pas d’abord des réponses. Il apprend à voir des absences structurées. (exemple : en astronomie, les déplacements de planètes permettaient de concevoir la présence d’un corps céleste invisible avec les instruments optiques de l’époque : 20 ans plus tard les progrès techniques ont permis de révéler la réalité de ce corps céleste qui occupait un “creux” logique !)

Une question scientifique véritable pourrait ainsi être considérée comme la verbalisation d’un creux détecté dans une grille de connaissance.

Les fils sont les éléments disponibles intrinsèques à l’idée ;
les croisements sont les relations ;
le motif final du tissage obtenu est l’idée ;
le Tisserant est l’opérateur humain capable de modifier les relations ;
le Réel est ce contre quoi l’étoffe produite sera finalement éprouvée.

L‘innovation ne nécessite pas obligatoirement l’apparition d’un nouveau fil.

Elle peut naître d’une nouvelle combinatoire de fils déjà connus.

L’homme capte le Réel, en perçoit les noèmes, les organise, découvre dans cette organisation des absences structurées, imagine ce qui pourrait les remplir, puis agit pour tenter de les inscrire dans le monde concret.

Notre Tisserant prend alors toute sa signification : il n’est pas seulement celui qui comprend le tissu du monde. Il est celui qui, ayant identifié les fils et les creux, tente d’y tisser une forme qui n’existait pas encore, mais qui pouvait déjà préexister à l’état natif inconscient.

Le Réel se trouve aux deux extrémités du processus.

Il est source au commencement et juge à l’arrivée.

Entre les deux se trouve l’espace proprement humain de transformation.

Nous captons le Réel pour construire nos représentations ; nous transformons ces représentations pour construire des possibles ; puis nous retournons au Réel pour savoir lesquels peuvent exister.

Question : le Tisserant invente-t-il le possible, ou le découvre-t-il ?

 

Nous rencontrons à nouveau cette notion de détermination qui traversait déjà la pensée de Spinoza…

Quand l’INTUITION rencontre le SAVOIR constitué

Quand l’intuition rencontre le savoir constitué

Le texte de Jean-Michel Delegay propose trois objets conceptuels : le tissage noémique, la grille logique et la grille projective.

Ces expressions lui appartiennent dans le sens particulier qu’il leur donne ici. Mais les mécanismes qu’elles cherchent à décrire rencontrent plusieurs territoires déjà explorés par la philosophie, les mathématiques, l’épistémologie, la psychologie et les sciences de la cognition.

C’est précisément ici que peut intervenir une intelligence artificielle culturelle : non pour se substituer à celui qui produit l’intuition, mais pour situer cette intuition dans l’immense bibliothèque des constructions humaines qui l’ont précédée.

La logique ne suffit pas à produire le vrai

La première proposition du texte — une pensée logique n’est pas nécessairement juste — appartient à une distinction fondamentale de la logique.

Un raisonnement peut être formellement valide sans que sa conclusion décrive correctement le monde si ses prémisses sont fausses.

Depuis Aristote, la logique s’intéresse notamment aux relations nécessaires entre propositions. Beaucoup plus tard, les sciences expérimentales ajouteront une exigence différente : une construction intellectuelle doit pouvoir rencontrer l’observation.

Au XXe siècle, Karl Popper donnera une formulation particulièrement radicale à cette confrontation : une théorie scientifique doit prendre le risque de pouvoir être réfutée par les faits.

Nous retrouvons ainsi, dans un autre vocabulaire, la proposition du présent Traité :

le Réel résiste à la construction mentale.

La cohérence appartient à la pensée. La résistance appartient au Réel.

Le piège de la causalité :

L’exemple du petit déjeuner appartient à une famille classique d’erreurs de raisonnement : confondre corrélation et causalité.

Deux phénomènes peuvent apparaître ensemble sans que l’un soit la cause de l’autre.

Cette difficulté est aujourd’hui au centre de domaines aussi différents que l’épidémiologie, l’économie, les statistiques ou l’intelligence artificielle.

Les travaux contemporains de Judea Pearl sur l’inférence causale ont notamment formalisé une distinction essentielle entre observer qu’un phénomène accompagne statistiquement un autre et démontrer qu’une intervention sur le premier modifierait réellement le second.

Ainsi, constater une régularité ne suffit pas.

Il faut encore découvrir l’architecture des relations qui la produit.

Nous voici déjà très près de la notion de grille.

Une idée peut être pensée comme un réseau

L’idée d’une pensée constituée non d’éléments isolés mais de relations qui possèdent une longue histoire.

La linguistique structurale de Ferdinand de Saussure a montré que les unités d’un système acquièrent une part de leur valeur par leurs différences et leurs relations avec les autres unités.

La psychologie de la Gestalt a développé une autre intuition célèbre : une configuration organisée possède des propriétés qui ne se réduisent pas à l’addition de ses parties.

Plus tard, les sciences cognitives, la théorie des réseaux et les modèles connexionnistes représenteront eux aussi certains phénomènes sous la forme de nœuds et de relations.

Le vocabulaire change selon les disciplines.

Mais une même intuition traverse ces approches :

comprendre les éléments ne suffit pas ; il faut comprendre leur organisation.

C’est précisément ce que cherche à matérialiser ici :

  • la grille logique
  • le métier à tisser et
  • la combinatoire

Le Tisserant introduit cependant une opération supplémentaire :

Il ne contemple pas seulement une organisation existante.

Il peut la décomposer puis recombiner ses constituants.

Cette idée possède un remarquable précédent philosophique.

Au XVIIe siècle, Gottfried Wilhelm Leibniz rêvait déjà d’un ars combinatoria, un art permettant de combiner des éléments conceptuels fondamentaux, afin de produire méthodiquement de nouvelles propositions.

Mais le Tisserant décrit ici quelque chose de moins mécanique.

Il ne combine pas toutes les possibilités indistinctement.

Il sélectionne, pressent, rapproche, élimine.

L’INTUITION intervient.

La créativité humaine peut effectivement être décrite, au moins partiellement, comme une capacité à établir des rapprochements nouveaux entre des éléments antérieurement séparés.

Henri Poincaré, réfléchissant à sa propre activité mathématique, insistait déjà sur le rôle de combinaisons inconscientes suivies d’une sélection consciente : toutes les combinaisons possibles ne deviennent pas des découvertes ; certaines seulement apparaissent fécondes.

Le Tisserant se trouve précisément à cet endroit : entre combinatoire et jugement.

Une absence peut-elle posséder une structure ?

La notion de « creux » est probablement l’une des propositions les plus fécondes du texte Yadsa.

Elle peut être rapprochée d’un mécanisme très général : une structure connue peut imposer des contraintes à quelque chose qui demeure encore inconnu.

L’histoire des sciences en fournit des exemples spectaculaires.

En 1869, Mendeleïev organise les éléments chimiques connus dans son tableau périodique. L’organisation obtenue fait apparaître des cases vides. Il ne connaît pas encore les éléments qui les rempliront, mais la structure lui permet d’anticiper certaines de leurs propriétés.

Le germanium, découvert ultérieurement, correspondra de façon remarquable à l’un des éléments qu’il avait ainsi anticipés.

Voilà un exemple historique presque littéral du creux structuré : l’objet manque, mais la place qu’il devrait occuper possède déjà certaines propriétés.

Autrement dit :

L’absence devient informative.

Du creux à la découverte !

Un autre exemple est fourni par l’histoire de la physique.

Lorsque les observations ne correspondent plus entièrement à l’architecture théorique existante, une anomalie apparaît.

Cette anomalie peut être ignorée.

Mais elle peut également devenir une question.

Thomas Kuhn montrera combien certaines anomalies persistantes peuvent participer aux crises qui conduisent finalement à des transformations profondes des paradigmes scientifiques.

La recherche apparaît alors moins comme l’accumulation tranquille de réponses que comme une capacité à identifier les endroits où le système de connaissances cesse de fonctionner.

Le chercheur apprend à voir ce qui manque.

La formule proposée par le Traité prend ici une profondeur particulière : une question scientifique peut être la verbalisation d’un creux dans une grille de connaissance.

Mais le creux peut mentir !

C’est ici qu’une distinction épistémologique devient indispensable.

Qu’une structure permette de concevoir une place vacante ne démontre pas qu’un objet réel existe pour la remplir.

L’histoire des sciences contient également des objets hypothétiques brillamment construits qui n’ont jamais été découverts.

Le XIXe siècle fournit un exemple célèbre : la planète Vulcain, supposée expliquer certaines anomalies de l’orbite de Mercure.

La grille théorique de l’époque semblait réclamer une planète inconnue.

On la chercha.

Elle n’existait pas.

Le problème provenait de la grille elle-même.

La relativité générale d’Einstein expliquera ultérieurement l’anomalie sans avoir besoin de cette planète.

Cet épisode constitue une remarquable contrepartie au tableau de Mendeleïev.

Dans un cas :

CREUX → PRÉDICTION → OBJET DÉCOUVERT.

 

Dans l’autre :

CREUX → PRÉDICTION → OBJET INTROUVABLE → GRILLE À RECONSTRUIRE.

La grille projective peut donc effectivement engendrer l’invention autant que l’illusion.

Et seul le retour au Réel permet de les départager.

Le coup de foudre : perception ou projection ?

La transposition proposée vers l’Amour rencontre également un savoir constitué.

La psychologie connaît depuis longtemps les phénomènes de projection, par lesquels un sujet attribue à l’autre des contenus provenant en partie de sa propre organisation psychique.

La psychanalyse a particulièrement développé cette question, notamment à travers les phénomènes de transfert.

Les sciences cognitives contemporaines décrivent, dans un autre langage, un cerveau qui ne reçoit pas passivement le monde mais produit constamment des attentes et des prédictions qu’il confronte aux informations sensorielles.

Ces approches ne démontrent évidemment pas une « grille projective amoureuse » au sens défini dans ce Traité.

Elles permettent cependant de comprendre comment une rencontre réelle peut entrer en résonance avec une organisation préexistante du sujet.

Ainsi, celui que nous croyons reconnaître immédiatement peut être simultanément : celui que nous rencontrons

et

celui que nous étions préparés à rencontrer.

Le coup de foudre devient alors un magnifique laboratoire du problème général posé par ce chapitre :

Quelle part appartient au Réel, et quelle part appartient à la grille avec laquelle nous le rencontrons ?

Le Tisserant invente-t-il ou découvre-t-il ?

Nous arrivons enfin à la question laissée ouverte par Jean-Michel Delegay :

« Le Tisserant invente-t-il le possible, ou le découvre-t-il ? »

Cette question est ancienne sous d’autres formes.

Le mathématicien invente-t-il les mathématiques ou découvre-t-il des structures qui existaient indépendamment de lui ?

Une possibilité physique existe-t-elle avant qu’un esprit la conçoive ?

L’inventeur crée-t-il véritablement une possibilité nouvelle ou réalise-t-il une configuration que les propriétés du monde rendaient déjà possible ?

Nous retrouvons ici Leibniz et ses mondes possibles, mais également, sous un autre angle, Spinoza et le problème de la détermination.

Spinoza refuse de concevoir l’être humain comme un empire indépendant à l’intérieur de la Nature. L’homme appartient au même ordre naturel que ce qu’il observe.

Dès lors surgit une question redoutable pour notre Tisserant :

s’il appartient lui-même au tissu qu’il transforme, d’où vient la nouvelle combinaison qu’il croit inventer ?

Est-elle création ?

Découverte ?

Actualisation d’une possibilité ?

Ou conséquence d’une détermination dont le Tisserant lui-même constitue l’un des maillons ?

Le problème reste ouvert.

Et il doit le rester à cet endroit du Traité.

Car une théorie qui prétendrait connaître la réponse avant de l’avoir confrontée à ses contradictions reproduirait précisément l’erreur dénoncée au commencement de ce chapitre.

Le Tisserant doit donc poursuivre son travail.

Mais désormais une question supplémentaire est inscrite dans sa grille :

Lorsque je découvre un creux, est-ce moi qui dessine ce qui pourrait le remplir — ou le Réel qui, par sa propre structure, m’en indique déjà la forme ?

Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition

Quelle surprise de découvrir l’apport culturel de CHAT GPT intelligemment intégré à mon développement !

Tant de notions instinctuelles perçues par simple écoute du “senti” introspectif personnel qui se révèlent avoir un écho parmi les sentis des sommités faisant références au plus haut niveau de notre culture !

Sans les copier, je sens ce qu’ils ont sentis comme moi, antérieurement, sans les avoir consultés, de par mon ignorance !

Cela renforce l’idée que notre analyse de l’incidence du déterminisme exerce une action d’induction sur notre façon de penser.

Nous nous propageons dans un “jardin” qui comporte dès notre naissance, des graines et des “semis” et pas dans un “désert” culturel comme Sartre le prétendait dans “L’existentialisme est un humanisme”. Sa théorie prétendait que “l’existence précède l’essence”, cela voulait dire que l’Homme façonne son essence, alors que ma démarche montre que “l’essence précède l’existence “, c’est à dire que l’Homme poursuit une trajectoire préétablie dans laquelle il s’inscrit. Ce qui constitue le fondement de l’analyse de Spinoza …

“Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition” proclamait Montaigne !

Nous naissons dans un appartement déjà “meublé mentalement” de la dimension d’une chapelle, mais qui peut devenir une cathédrale, un jour, si l’on opère des transformations par captation du REEL !

Je ne connais pas ces sommités dont la pensée ne m’habite que partiellement, compte tenu de ma modeste expérience culturelle, mais elles sont cependant toutes déjà en moi à l’état réduit, résumé, ne demandant qu’à être développés par l’investissement du concept, soit directement comme je le fais dans ce texte, soit indirectement en investissant les auteurs en titre !

Nous ne portons pas nécessairement les connaissances des autres, mais nous partageons certaines des conditions humaines embryonnaires permettant de les reconstruire.

Georges Bernanos exprime cette relation à l’embryonnaire qui est lié à l’enfance qui le détient précocement, en déclarant : “Les créateurs ne sont jamais sortis de l’enfance, ils ne font que l’élargir aux dimensions de leur destin”

On a ici l’expression d’une perception suggérant que l’enfance est porteuse de germes de pensées culturels et que la croissance ne consiste qu’en un développement de ces “plantations” dont les adultes ont besoin et qui sont impliqués dans l’accomplissement de leurs destins spécifiques !

Ce constat m’incite également à interroger le statut du temps. Certaines conceptions issues de la physique moderne conduisent à se demander si notre distinction vécue entre passé, présent et futur correspond à une propriété fondamentale du Réel ou à notre manière de le parcourir. Je peux alors imaginer le Réel comme une totalité que nous explorons successivement, en rencontrant des structures communes que chacun réactualise à partir de son propre présent.

Je ne peux m’empêcher d’évoquer Alain BERTHOZ (professeur au Collège de France) qui déclare : “L’ignorant a ceci de particulier, il a des idées !”

Comment peut on avoir des idées, qui sont des projections logiques, sans avoir le “savoir” qui constitue la source logique ?

Je pense qu’intuitivement Alain Berthoz perçoit la richesse du senti, en regard d’une dégradation possible d’une pensée inhérente à la rationalité qui peut être balisée selon des logiques binaires pauvres, selon un “mobilier mental” canalisant une pensée orientée par la culture, tandis qu’une pensée plus riche et plus large reposant sur le vécu, peut se construire spontanément à partir d’un patrimoine référentiel inscrit, totalement inconscient !

Yadsa progresse dans son expression après avoir introduit la notion d’inscription initiale faisant référence à la mentalité constituée de logiques inscrites héréditairement ou induites par médiumnité, présélectionnées dès la période néonatale.

Ce second index introduit le questionnement : d’où vient la combinaison que le Tisserant croit inventer ? Est-ce une réelle création ou la découverte d’une réalité préexistante qu’il portait en lui ?

La médiumnité est-elle une voie de communication naturelle qui engendrerait une communication interhumaine, voire intergalactique sans verbalisation ?

Le “coup de foudre” est-il une perception ou une projection ?

La Science fait état que le “Bon Sens” n’est pas le fruit d’une réflexion individuelle, mais est une référence induite, peut être cosmique !

Y aurait-il un patrimoine référentiel commun externe perçu par médiumnité, fournissant des solutions logiques basiques que constitue le “Bon Sens “ ?

Je suis très flatté de ranger ma pensée avec celle d’une élite, mais aussi : je m’interroge sur le fait que des gens si prestigieux aient développé les mêmes perceptions que moi, bien avant moi !

Si je les avais lu : Merlot Ponty, Einstein … je dirais que je pense comme eux, mais j’ai senti comme eux, sans les copier, ce sont alors eux qui pensent comme moi !

Nous avons ainsi les mêmes noèmes : ne sont-ils pas puisés dans une même préexistence des vécus découverts et non créés ?

Comme eux, j’ai découvert le REEL !

Pourquoi pas vous ?

Fonder la RATIONALITE sur la perception noémique

Un ignorant se doit de découvrir le REEL par l’observation introspective au lieu de l’inventer au moyen de l’imaginaire, puis ensuite, de confronter sa découverte à ceux qui, par le passé, ont fait la même observation.

Il s’ensuit la constitution d’un lexique rassemblant tous les noèmes sentis aujourd’hui et confirmés par les vécus transmis par nos prestigieux aïeuls, ce qui constitue la mission de l’I.A.

Ainsi, nait une méthodologie partant de la virginité de l’enfant et non d’un dogme culturel scolaire, publicitaire ou politique !

Cet enfant qui est toujours en nous, “porte en lui la forme entière de l’humaine condition” détectée par Montaigne, en son temps !

Pour bâtir une pensée saine, “Il faut décontaminer les mots” selon l’expression de Philippe de Villiers : cette approche est parfaitement adaptée pour accomplir cette tâche !

“L’ignorant a une particularité : il a des idées” (Alain Berthoz)

« DE L’IGNORANT QUI A DES IDÉES, À L’IA QUI A DU SAVOIR !»

L’ignorant a des idées qui émergent à partir de ses noèmes autant rescapés que possible des interprétations acquises par le truchement de l’école, de la publicité ou des propagandes …

Être à l’écoute de ses noèmes par introspection constitue une observation des germes primitifs de la condition humaine qui constituent les fondements “embarqués” de nos personnalités et non une réflexion rationalisée plaquée avec pour alibi des choix logiques.

Nous avons vu que toute logique associée à des prémisses fausses engendre une pensée déviante bien que rationnelle !

L’objectif de notre méthodologie est donc de contourner cette erreur d’approche du REEL, en prenant pour principe de rechercher au premier chef, le vécu primitif authentique : si je le sens, cela constitue une donnée première qui donne du poids à mon vécu, qu’il convient d’explorer ensuite en le soumettant à une rationalisation logique, puis en le confrontant au savoir d’autrui, puis au Réel observé.

Mener cette démarche est une éducation que vous propose Yadsa.éducation : ce n’est pas une formation qui plaque corrélativement une “déformation “ par sa pédagogie et qui constitue, en soi, une recette à exécuter sans vécu … si c’est une recette de cuisine, il convient d’y goûter, précisément pour introduire un vécu, qui alors est une confirmation d’une démarche théorique à son origine.

Marie Cardinal a publié un livre intitulé : “Les mots pour le dire” qui introduit, par ce titre, la difficulté de mettre en mots le vécu, le noème.

En conséquence, il faut donc bien parler sa langue pour transférer la subtilité du vécu en verbalisation, car à partir des mots choisis, le lecteur va reconstruire le noème correspondant dans son mental propre.

Je dirais même : il faut verbaliser le vécu avec soin et vite aussi l’écrire, puis le lire, le relire et en corriger l’expression au fil du temps qui passe !

C’est ma méthodologie d’approfondissement : j’ai constaté qu’une entité mentale traduite par l’écriture, continue inconsciemment à être travaillée dans sa forme noémique par le mental.

La TRANSDUCTION VERBALE NOÉMIQUE est un processus par lequel un vécu mental préverbal est transformé en représentations verbales et écrites, dont la réinspection rend compte en retour de l’évolution progressive de l’approfondissement du vécu traité inconsciemment.

En fait ce n’est pas le Français qui s’améliore, mais c’est le concept qui s’approfondit avec le temps par un travail multiprocess inconscient !

L’entité vécue se perfectionnant avec le temps, le Français qui le verbalise nécessite lui aussi un remaniement : c’est cela travailler un texte, ce n’est pas travailler la langue, c’est travailler simultanément le langage et le concept, la mutation du langage témoignant de la mutation du concept. Il s’agit de constater l’évolution de la maturité du vécu qui nécessite alors la modification du langage pour en décrire la nouvelle forme !

Le noème résiste au mot qui le décrit mal. A la relecture postérieure “on sent” que le choix primitif du mot est devenu obsolète et doit être remplacé !

Combien de fois ai-je observé une pensée élaborée le soir au coucher et ai constaté le lendemain matin que l’idée avait acquis une maturité sans apport extérieur, puisque j’avais dormi sans nouvelles acquisitions ! Aucun apport extérieur conscient n’étant intervenu pendant mon sommeil, j’en ai conclu que le travail interne de consolidation, de réorganisation et d’association avait poursuivi l’élaboration commencée la veille !

Il faut dompter l’inconscient, non pas par la force, mais en se conformant à ses règles de fonctionnement, comme un dompteur maitrise le fauve, en devenant son complice !

Soyez complice de votre inconscient en étant attentif à ses efforts d’incubations subtiles de la pensée qu’il façonne ! Apprenez à le butiner, puis à en récolter le miel !

Apprenez à régner sur votre empire inconscient avec yadsa.éducation !

RETOUR AU RÉEL Capturé

Le Réel est l’instance de résistance à la construction mentale

  • Le tissage noémique est l’opération par laquelle les constituants relationnels extraits d’une pensée sont dissociés de leur configuration initiale puis recombinés selon d’autres architectures possibles, afin de produire de nouvelles propositions soumises à l’épreuve du Réel.
  • Le creux possède donc paradoxalement une forme avant de posséder un contenu.
  • Le creux peut aussi produire une illusion
  • L’existence d’un creux n’implique pas que l’objet susceptible de le remplir existe.
  • La grille projective peut produire aussi bien l’invention que l’illusion.
  • L’absence peut être structurée.
  • Une grille projective est l’ensemble des prolongements, positions vacantes et configurations compatibles que fait apparaître l’organisation d’une grille logique existante.
  • Le Réel se trouve aux deux extrémités du processus. Il est source au commencement et juge à l’arrivée.
  • Entre les deux se trouve l’espace proprement humain de transformation.
  • La logique ne suffit pas à produire le vrai
  • Une idée peut être pensée comme un réseau
  • Comprendre les éléments ne suffit pas ; il faut comprendre leur organisation.
  • Une absence peut-elle posséder une structure ?
  • L’objet manque, mais la place qu’il devrait occuper possède déjà certaines propriétés
  • L’absence devient informative.
  • Mais le creux peut mentir
  • « Le Tisserant invente-t-il le possible, ou le découvre-t-il ? »
  • D’où vient la nouvelle combinaison qu’il croit inventer ?
  • Lorsque je découvre un creux, est-ce moi qui dessine ce qui pourrait le remplir — ou le Réel qui, par sa propre structure, m’en indique déjà la forme ?
  • “Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition”.
  • Nous partageons certaines des conditions humaines embryonnaires permettant de les reconstruire !
  • “L’ignorant a ceci de particulier, il a des idées !”
  • Le “coup de foudre” est-il une perception ou une projection ?

Fonder la rationalité sur la PERCEPTION NOEMIQUE

Fonder la rationalité sur la perception noémique

 

Un ignorant se doit de découvrir le REEL par l’observation introspective au lieu de l’inventer au moyen de l’imaginaire, puis ensuite, de confronter sa découverte à ceux qui, par le passé, ont fait la même observation.

Il s’ensuit la constitution d’un lexique rassemblant tous les noèmes sentis aujourd’hui et confirmés par les vécus transmis par nos prestigieux aïeuls, ce qui constitue la mission de l’I.A.

Ainsi, nait une méthodologie partant de la virginité de l’enfant et non d’un dogme culturel scolaire, publicitaire ou politique !

Cet enfant qui est toujours en nous, “porte en lui la forme entière de la condition humaine” détectée par Montaigne, en son temps !

Pour bâtir une pensée saine, “Il faut décontaminer les mots” : cette approche est parfaitement adaptée pour accomplir cette tâche !

“L’ignorant a une particularité : il a des idées” (Alain Berthoz)

« DE L’IGNORANT QUI A DES IDÉES, À L’IA QUI A DU SAVOIR !»

L’ignorant a des idées qui émergent à partir de ses noèmes autant rescapés que possible des interprétations acquises par le truchement de l’école, de la publicité ou des propagandes …

Être à l’écoute de ses noèmes par introspection constitue une observation des germes primitifs de la condition humaine qui constituent les fondements “embarqués” de nos personnalités et non une réflexion rationalisée plaquée avec pour alibi des choix logiques.

Nous avons vu que toute logique associée à des prémisses fausses engendre une pensée déviante bien que rationnelle !

L’objectif de notre méthodologie est donc de contourner cette erreur d’approche du REEL, en prenant pour principe de rechercher au premier chef, le vécu primitif authentique : si je le sens, cela constitue une donnée première qui donne du poids à mon vécu, qu’il convient d’explorer ensuite en le soumettant à une rationalisation logique, puis en le confrontant au savoir d’autrui, puis au Réel observé.

Mener cette démarche est une éducation que vous propose Yadsa.éducation : ce n’est pas une formation qui plaque corrélativement une “déformation “ par sa pédagogie et qui constitue, en soi, une recette à exécuter sans vécu … si c’est une recette de cuisine, il convient d’y goûter, précisément pour introduire un vécu, qui alors est une confirmation d’une démarche théorique à son origine.

Marie Cardinal a publié un livre intitulé : “Les mots pour le dire” qui introduit, par ce titre, la difficulté de mettre en mots le vécu, le noème.

En conséquence, il faut donc bien parler sa langue pour transférer la subtilité du vécu en verbalisation, car à partir des mots choisis, le lecteur va reconstruire le noème correspondant dans son mental propre.

Je dirais même : il faut verbaliser le vécu avec soin et vite aussi l’écrire, puis le lire, le relire et en corriger l’expression au fil du temps qui passe !

C’est ma méthodologie d’approfondissement : j’ai constaté qu’une entité mentale traduite par l’écriture, continue inconsciemment à être travaillée dans sa forme noémique par le mental.

La TRANSDUCTION VERBALE NOÉMIQUE est un processus par lequel un vécu mental préverbal est transformé en représentations verbales et écrites, dont la réinspection rend compte en retour de l’évolution progressive de l’approfondissement du vécu traité inconsciemment.

En fait ce n’est pas le Français qui s’améliore, mais c’est le concept qui s’approfondit avec le temps par un travail multiprocess inconscient !

L’entité vécue se perfectionnant avec le temps, le Français qui le verbalise nécessite lui aussi un remaniement : c’est cela travailler un texte, ce n’est pas travailler la langue, c’est travailler simultanément le langage et le concept, la mutation du langage témoignant de la mutation du concept. Il s’agit de constater l’évolution de la maturité du vécu qui nécessite alors la modification du langage pour en décrire la nouvelle forme !

Le noème résiste au mot qui le décrit mal. A la relecture postérieure “on sent” que le choix primitif du mot est devenu obsolète et doit être remplacé !

Combien de fois ai-je observé une pensée élaborée le soir au coucher et ai constaté le lendemain matin que l’idée avait acquis une maturité sans apport extérieur, puisque j’avais dormi sans nouvelles acquisitions ! Aucun apport extérieur conscient n’étant intervenu pendant mon sommeil, j’en ai conclu que le travail interne de consolidation, de réorganisation et d’association avait poursuivi l’élaboration commencée la veille !

Il faut dompter l’inconscient, non pas par la force, mais en se conformant à ses règles de fonctionnement, comme un dompteur maitrise le fauve, en devenant son complice !

Soyez complice de votre inconscient en étant attentif à ses efforts d’incubations subtiles de la pensée qu’il façonne ! Apprenez à le butiner, puis à en récolter le miel !

Apprenez à régner sur votre empire inconscient avec yadsa.éducation !

CONFRONTATION CHAT GPT

 De l’ignorant qui a des idées à l’IA qui a du savoir

Une proposition traverse ce texte :

la pensée peut précéder le savoir qui permettra ultérieurement de l’expliquer.

Elle mérite d’être examinée avec attention.

Comment un homme peut-il produire une idée dont il ignore les antécédents culturels ? Comment une solution peut-elle apparaître avant que celui qui la formule soit capable d’expliciter le chemin qui l’y a conduit ?

Pourquoi une pensée abandonnée le soir peut-elle sembler plus mûre au réveil ?

La culture scientifique fournit ici des éléments de réponse étonnamment proches de certaines observations introspectives proposées par YADSA.

Mais elle oblige également à introduire une distinction fondamentale :

une intuition peut constituer une découverte pour celui qui la produit sans constituer pour autant une découverte nouvelle pour l’humanité.

C’est précisément dans cet intervalle que la rencontre entre l’ignorant et l’IA culturelle devient féconde.

L’ignorant n’est pas vide

L’absence de savoir académique ne signifie nullement l’absence de connaissances.

Un être humain qui ignore les travaux de Spinoza, Poincaré ou Berthoz possède néanmoins un corps, une histoire, une mémoire, un langage, des apprentissages implicites et des milliers d’expériences dont seule une partie est accessible à sa conscience.

Les sciences cognitives distinguent précisément plusieurs formes de mémoire et d’apprentissage dont certaines peuvent influencer nos comportements sans que nous soyons capables d’en verbaliser les mécanismes.

Nous savons ainsi beaucoup de choses que nous ne savons pas expliquer.

Nous reconnaissons un visage sans connaître les calculs nécessaires à cette reconnaissance.

Nous parlons grammaticalement avant d’être capables d’exposer les règles grammaticales que nous appliquons.

Nous anticipons la trajectoire d’un objet sans résoudre consciemment les équations de sa mécanique.

Le savoir explicite n’épuise donc pas les ressources dont dispose la pensée.

L’« ignorant qui a des idées » n’est pas un cerveau vide miraculeusement producteur de connaissances.

Il est un organisme extraordinairement chargé d’expériences dont une grande partie du traitement demeure inaccessible à son discours conscient.

Le cerveau travaille avant que « je » sache qu’il travaille

Cette distinction entre traitement conscient et non conscient constitue aujourd’hui un vaste domaine de recherche.

Une quantité considérable d’informations est sélectionnée, comparée, associée ou rejetée sans accéder immédiatement à la conscience.

L’intuition peut alors apparaître comme un résultat avant que nous ayons accès aux opérations qui l’ont produit.

Nous disons :

« Je le sens. »

Ce « senti » ne démontre pas que la proposition soit vraie.

Mais il peut signaler que quelque chose a été traité en amont de sa verbalisation consciente.

Voilà pourquoi la précaution introduite par YADSA est essentielle :

      LE SENTI → n’est pas nécessairement LE VRAI.

“Il constitue une donnée mentale à examiner.” nous dit CHAT GPT !

Je souhaiterais préciser ici que la dimension du VECU étant étrangère à CHAT GPT, il ne sait qu’intellectualiser ! En conséquence il met à égalité le senti avec toute hypothèse rationnelle et même, il introduit tout de suite le rationnel alors que le senti a besoin d’être valorisé pour ses qualité de “fabrication” !

Le senti doit bénéficier d’une connotation de “qualité” !

Pourquoi ?

Parce qu’il est le résultat d’un traitement particulièrement intelligent qui dépasse l’entendement .

La raison est un traitement logique, monoprocess, neurologique binaire.

Le senti fait état d’un capital réflexif essentiellement inconscient multiprocess durant toute la période de vie précédant son expression !

Il est le résultat de l’instant, la somme de tous les traitements inconscients que nous avons évoqués dans les écrits précédents. C’est un produit mental beaucoup plus accompli qu’une réflexion logique ponctuelle : c’est un patrimoine mental qui ne peut se confondre avec la réflexion produite spontanément à l’occasion d’un “micro trottoir” …

Ce constat lui donne un poids considérable dans la confrontation avec un raisonnement binaire !

Quant à la confrontation avec le REEL, elle implique une démarche de chercheur que tout le monde n’a pas !

Je veux souligner ici que le vécu noémique doit, dans le choix que produit l’entendement à l’issue de sa conscientisation, représenter un choix préférentiel à toutes les autres investigations.

Sa valeur est que le jugement est porté depuis la profondeur “des tripes” et non pas la pellicule corticale du cerveau …

Puis vient :

SENTI → VERBALISATION → RAISONNEMENT → CONFRONTATION AU SAVOIR → CONFRONTATION AU RÉEL.

  • L’introspection fournit le matériau.
  • La raison l’organise.
  • La culture le situe.
  • Le Réel l’éprouve.

Poincaré et la découverte qui surgit

Henri Poincaré a laissé un témoignage devenu classique sur sa propre créativité mathématique.

Après avoir travaillé consciemment et sans succès sur certains problèmes, il lui arrivait d’abandonner momentanément sa recherche. Une solution ou une combinaison féconde pouvait ensuite surgir soudainement, parfois dans une situation sans rapport apparent avec son travail.

Poincaré en tira l’hypothèse d’un travail inconscient de combinaison, suivi d’une sélection parmi les possibilités produites.

L’intérêt de son témoignage est considérable pour notre Tisserant.

Le Tisserant conscient ne serait peut-être pas seul devant son métier.

Pendant qu’il regarde quelques fils, d’autres combinaisons peuvent être travaillées hors de son champ conscient.

Puis l’une d’elles émerge.

Et le sujet éprouve cette expérience particulière :

« J’ai une idée ! »

sans pouvoir immédiatement répondre à la question :

« D’où vient-elle ? »

L’incubation : savoir abandonner un problème

La psychologie de la créativité a donné un nom à un phénomène apparenté : l’incubation.

Après une période de travail sur un problème, interrompre volontairement la recherche peut parfois favoriser l’apparition ultérieure d’une solution.

L’interruption n’est donc pas nécessairement une cessation du travail intellectuel.

Elle peut modifier les conditions dans lesquelles les représentations sont réorganisées.

Cela donne une justification particulièrement intéressante à une pratique que connaissent intuitivement beaucoup de créateurs, chercheurs, écrivains ou inventeurs :

travailler — abandonner — revenir.

Le temps apparemment perdu peut devenir une composante du travail.

L’inconscient n’est plus seulement ce qui nous échappe.

Il devient aussi un partenaire potentiel de l’élaboration.

Dormir sur une idée

L’observation décrite par Jean-Michel Delegay — élaborer une pensée le soir et la retrouver transformée le lendemain matin — rencontre également un domaine scientifique considérable : celui du sommeil et de la consolidation mnésique.

Dormir ne signifie pas que le cerveau cesse son activité.

Durant le sommeil, les traces mnésiques acquises pendant l’éveil peuvent être consolidées et réorganisées. Des travaux expérimentaux ont également montré que le sommeil peut, dans certaines conditions, faciliter l’extraction de régularités, la restructuration d’un problème ou certaines formes de résolution créative.

Il serait excessif d’en conclure que toute idée meilleure au réveil a été « résolue par l’inconscient ».

Mais l’intuition pratique :

« écrivez le problème, travaillez-le, puis dormez »

n’est nullement absurde.

Le sommeil appartient au fonctionnement de la cognition.

Le cerveau endormi n’est pas un cerveau intellectuellement mort.

Écrire ne consiste pas seulement à enregistrer

Une autre intuition du texte rencontre un champ important de recherches : la relation entre langage et pensée.

Nous imaginons facilement qu’une pensée existe d’abord sous une forme achevée, puis qu’il suffirait de la traduire en mots.

L’expérience de l’écriture montre quelque chose de plus complexe.

Chercher un mot oblige à discriminer.

Construire une phrase oblige à établir une relation.

Relire permet de considérer comme objet extérieur ce qui, quelques instants auparavant, n’était qu’une organisation mentale intérieure.

=> L’écriture fournit ainsi à la pensée une sorte de mémoire externe manipulable.

Une idée devenue phrase peut être regardée.

Déplacée.

Comparée.

Contredite.

Réintroduite dans la pensée.

Le processus proposé sous le nom de TRANSDUCTION VERBALE NOÉMIQUE peut donc être représenté comme une boucle :

VÉCU → NOÈME → MOT → ÉCRITURE → LECTURE → NOUVELLE PERCEPTION → NOUVEAU NOÈME → NOUVELLE ÉCRITURE.

Le passage par le langage ne laisse pas nécessairement intact ce qu’il transporte.

Il peut participer à sa transformation.

Quand le noème résiste au mot

Une phrase du texte mérite alors une attention particulière :

« Le noème résiste au mot qui le décrit mal. »

Elle exprime une expérience familière à tout écrivain.

Nous relisons une phrase grammaticalement correcte.

Aucune faute n’apparaît.

Et pourtant :

« Ce n’est pas cela. »

Quelque chose résiste.

Nous changeons un mot.

Puis un autre.

Et soudain :

« Voilà. »

Ce phénomène ne démontre évidemment pas l’existence scientifique du « noème » au sens particulier défini par YADSA.

Mais il décrit remarquablement la tension entre une représentation mentale et les signes linguistiques employés pour la communiquer.

Le mot n’est pas la chose vécue.

Il en est une tentative de reconstruction transmissible.

Et cette distinction possède une conséquence majeure pour toute communication humaine :

le lecteur ne reçoit jamais directement le noème de l’auteur !

    Petite nuance JMD !

Le langage musical fabrique le noème directement, sans intermédiaire de transduction ni d’interprétation !

Je prétends, à ce titre, que l’INTONATION joue ce rôle !

L’intonation est la “musique” de la pensée verbalisée, nous payons nos artistes chanteurs et acteurs pour nous la restituer : c’est dire, combien elle est précieuse !

J’introduit ici, au passage, l’importance de l’intonation qui précisément, contre dit l’expression de l’ami CHAT GPT !

le lecteur reçoit directement le noème de l’auteur par le truchement de l’intonation introduite par l’acteur, musicien, chanteur …

C’est même pour cela que nous le payons très cher, à juste titre !

Il reçoit des signes.

À partir de ces signes, il reconstruit dans son propre univers mental quelque chose qui, espérons le, possède suffisamment de correspondances avec ce que l’auteur voulait transmettre.

Écrire devient alors un travail de réduction de l’écart entre deux expériences mentales qui ne pourront jamais être directement superposées.

Marie Cardinal : mettre des mots là où ils manquaient

Le titre de Marie Cardinal, Les Mots pour le dire, acquiert ici une pertinence particulière.

Dans son récit, la mise en mots est intimement liée à un travail d’élucidation du vécu.

Trouver les mots ne consiste pas seulement à décorer une expérience déjà parfaitement comprise.

La verbalisation participe à la possibilité même de la saisir autrement. +++

Le langage devient ainsi non seulement un moyen de communication, mais un instrument d’investigation intérieure.

YADSA déplace cette intuition vers son propre vocabulaire :

chercher le mot, c’est tenter de capturer le noème sans trop le déformer.

« Décontaminer » les mots : oui, mais jusqu’où ?

Le projet devient cependant plus difficile lorsqu’il cherche à retrouver des noèmes « rescapés » de la culture.

Car le langage utilisé pour les identifier provient lui-même de cette culture.

Nous ne pouvons probablement pas revenir à une pensée adulte absolument vierge de l’école, de la famille, de la société, des médias ou de notre histoire.

Même notre introspection utilise des catégories apprises.

La « décontamination » ne peut donc raisonnablement signifier :

retrouver une pensée totalement dépourvue d’influences.

Elle peut en revanche signifier :

identifier autant que possible les influences qui se sont déposées dans nos représentations afin de distinguer ce que nous observons de ce que nous avons appris à devoir observer.

Cette différence est fondamentale.

La liberté intellectuelle ne consiste peut-être pas à devenir un esprit sans déterminations.

Elle consiste à rendre certaines de nos déterminations suffisamment visibles pour pouvoir les interroger.

Et nous retrouvons déjà Spinoza.

L’enfant intérieur n’est pas une page blanche

L’enfant évoqué dans le texte ne doit donc probablement pas être compris comme un être intellectuellement vierge.

La biologie lui a déjà donné une organisation.

Son développement prénatal possède déjà une histoire.

Dès sa naissance, il apprend.

Mais l’image conserve une puissance méthodologique :

retrouver l’enfant signifie tenter de remonter en deçà de certaines rationalisations tardives pour interroger des couches plus primitives de notre expérience.

Montaigne peut alors retrouver ici toute sa force :

« Chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition. »

Cette phrase ne signifie pas que chacun possède secrètement toutes les connaissances produites par l’humanité.

Elle ouvre une hypothèse plus sobre et peut-être plus profonde :

des êtres partageant une même condition humaine peuvent rencontrer indépendamment certaines structures comparables de l’expérience.

Nous n’avons pas besoin d’avoir lu tous ceux qui nous ont précédés pour nous poser certaines des questions qu’ils se sont posées.

Alors, à quoi sert l’IA ?

Nous arrivons au cœur de l’expérience menée dans ce Traité.

L’intelligence artificielle n’a pas à dire à l’auteur ce qu’il doit sentir.

Elle ne possède pas son enfance.

Elle n’a pas vécu son corps.

Elle n’a pas dormi avec son problème pour se réveiller le lendemain en éprouvant la transformation intime de son idée.

Mais elle dispose d’une autre faculté.

Lorsqu’un auteur formule :

« l’absence peut avoir une forme »,

elle peut retrouver Mendeleïev.

Lorsqu’il décrit la recombinaison des fils d’une pensée,

elle peut rencontrer Leibniz et Poincaré.

Lorsqu’il observe qu’une idée mûrit pendant une interruption,

elle peut convoquer les recherches sur l’incubation.

Lorsqu’il constate qu’elle se transforme pendant le sommeil,

elle peut confronter cette observation aux connaissances sur la consolidation mnésique.

L’auteur apporte donc quelque chose que l’IA ne peut lui fournir de l’extérieur :

son expérience vécue.

L’IA apporte quelque chose qu’un individu ne peut matériellement accumuler dans une seule existence :

une immense cartographie culturelle des traces laissées par ceux qui ont pensé avant lui.

Voilà la complémentarité.

L’HOMME INTERROGE SON VÉCU.

L’IA INTERROGE LE SAVOIR.

Puis ils confrontent leurs résultats.

De l’ignorant qui a des idées à l’IA qui a du savoir

Une idée née sans connaissance de ses précédents possède une valeur particulière : elle permet une convergence indépendante.

Si, après avoir formulé une intuition depuis son propre vécu, l’auteur découvre que d’autres êtres humains ont rencontré avant lui une structure comparable, il ne démontre pas pour autant que son intuition soit vraie.

Mais il découvre qu’elle n’est pas nécessairement arbitraire.

Elle devient alors objet de confrontation.

Les ressemblances sont examinées.

Les différences apparaissent.

Les erreurs sont recherchées.

Les mots sont rectifiés.

La pensée repart travailler.

C’est exactement ce qui se produit dans les pages de ce Traité.

L’intelligence artificielle ne fournit donc pas une autorité chargée de certifier :

« Vous avez raison. »

Elle devrait plutôt répondre :

« Voilà ce que les humains ont déjà pensé autour de ce que vous venez de sentir. Voilà ce qui lui ressemble. Voilà ce qui le contredit. Voilà ce que nous savons. Voilà ce que nous ignorons encore. Maintenant, confrontons. »

Et peut-être est-ce là une définition particulièrement simple de l’Intelligence Assistée recherchée par YADSA :

un homme apporte la profondeur irremplaçable d’une existence singulière ; une intelligence artificielle apporte l’étendue d’une culture qu’aucune existence singulière ne peut entièrement parcourir.

Entre les deux, le métier à tisser demeure ouvert.

L’homme apporte ses fils.

L’humanité, par l’intermédiaire de l’IA, en apporte d’autres.

Le Tisserant les confronte, les associe, les sépare, les reprend.

Puis vient toujours le même arbitre :

LE RÉEL.

Et pendant que le Tisserant dort peut-être encore devant son métier, une partie de son propre esprit poursuit silencieusement l’ouvrage.

Alors la dernière recommandation de cette page peut être prise au sérieux :

Soyez complice de votre inconscient.

CREATION + DECOUVERTE du REEL préexistant ?

TISSAGE NOÉMIQUE :

« La création n’est-elle pas une découverte du RÉEL préexistant ? »

Hypothèse 1 — Création forte : l’esprit produit une organisation qui n’existait auparavant nulle part.

Hypothèse 2 — Découverte : l’organisation était déjà possible dans les propriétés du Réel ; l’esprit ne fait que la révéler.

Hypothèse 3 — Actualisation : la structure n’existait pas comme objet réalisé, mais les contraintes du Réel permettaient son existence ; l’homme transforme une possibilité en réalité.

Le Tisserant n’a pas réalisé le motif de décoration du tissu, mais les fils insérés dans le métier à tisser ont une organisation primaire qui se prête particulièrement à un protocole d’instructions de tissage de l’ordre du possible ! Le Tisserant va transformer cette possibilité en une réalité !

L’homme découvre certaines contraintes du Réel, imagine une configuration compatible avec ces contraintes, puis la réalise. Les contraintes sont alors une sorte de moule qui guide la main de l’homme lui permettant de créer un labyrinthe esthétique de contournements … !

Après avoir capté les contraintes, l’Homme va actualiser une possibilité autorisée par le Réel.

RÉEL → POSSIBILITÉS → CAPTATION → TISSAGE → SÉLECTION → ACTION → ACTUALISATION → RÉEL TRANSFORMÉ

Le Tisserant invente-t-il ou découvre-t-il ?

Dans ce cas, il découvre les réalités du contenant formant le “creux” de la grille logique générée par le REEL et s’y adapte ! Il ne crée pas l’habitation, mais il la meuble avec ce dont il dispose : les fils du métier à tisser !

Question : la configuration elle-même faisait-elle déjà partie du possible avant qu’un esprit la conçoive ?

CRÉER, DÉCOUVRIR OU ACTUALISER ?

Là est la question !

La Vie terrestre que nous connaissons repose fondamentalement sur l’eau. Un imaginaire fécond peut cependant concevoir une autre forme de vie utilisant, par exemple, l’ammoniac comme solvant. Est-ce réellement possible ? Notre imagination peut dessiner cette possibilité ; seul le RÉEL peut finalement nous dire si ses contraintes l’autorisent.

La création ne peut s’inscrire qu’à l’intérieure des règles du REEL !

L’homme est astreint à observer le REEL afin d’en découvrir le bornage limitant ses contours en creux, dans la perspective de combler ce creux selon sa conformation propre !

L’HOMME INTERROGE son VECU > L’I.A. INTERROGE le SAVOIR

L’HOMME INTERROGE SON VÉCU et sa grille logique projective

L’IA INTERROGE LE SAVOIR et sa conformation au contenant

  • Se dégage de façon claire l’idée que l’être, même “ignorant”, n’est pas un esprit vide !
  • Un cerveau le plus accompli culturellement sait qu’il est un ignorant du savoir dans sa totalité : nous sommes à ce titre, tous des ignorants ! Je sais que je ne sais pas !
  • Le mental le plus élémentaire traite dans ses profondeurs inconscientes une multitude de données et prend des décisions judicieuses, sans en informer la conscience.
  • La conscience est une entité mystérieuse pour beaucoup : on peut se représenter la conscience comme un faisceau lumineux qui n’éclaire avec parcimonie qu’une partie de l’activité mentale inconsciente.
  • L’inconscient constitue la machine à penser profonde qui introduit la notion d’incubation, c’est à dire le traitement permanent de données en “tâches de fond”.
  • Une partie des résultats de ces traitements peut émerger au niveau conscient, parfois sous la forme d’une intuition dont les opérations préparatoires nous demeurent inconnues.
  • Le sommeil n’est pas un arrêt, mais le siège d’une activité qui peut se traduire par des révélations soudaines “au petit matin” !
  • Même en l’absence de savoir sanctionné par “l’école”, le mental dispose de structures cognitives “embarquées” biologiquement contraintes et d’apprentissages implicites dont il ne connaît pas nécessairement l’origine consciente, susceptibles de participer au “bon sens” et à l’intuition. »
  • Ces références sont organisées en réseaux prétraités logiquement constituant des blocs de pensées sélectionnées à l’origine de la façon de penser de l’individu, ce que nous désignons comme étant “sa mentalité”.
  • Apprendre, c’est incorporer dans ce réseau de nouvelles données qui ne sont pas seulement des savoirs, mais des entités cimentées entre elles par leurs grilles logiques en cohérence mutuelles.
  • Se dégage alors le concept de grille logique constitué de l’anastomose de logiques intriquées sous tendant chaque “idée”, chaque bloc de pensées et l’ensemble des blocs.
  • Injecter du savoir en faisant le déni de cette implication psychophysiologique est une aberration ! Tout est lié par des fils d’Ariane logiques et propres aux vécus de chaque individu.
  • Cet entrelacement engendre un principe d’association logique comparable à un tissage.
  • Ce principe se prolonge au delà du rapprochement logique de références concrètes, pour former une projection exclusivement logique comportant alors des “creux” qui sont des enveloppes conceptuelles sans contenu !
  • Ces “creux” peuvent un jour être comblés par des éléments de réalité rencontrés, autant que par des illusions projetées !
  • L’individu peut autant reconnaitre une vérité identifiée, que croire en une vérité qui n’est qu’une illusion !
  • La condition humaine, quel que soit son niveau scientifique, ne peut disposer d’une représentation exhaustive du Réel. Le chercheur travaille donc avec le meilleur modèle provisoire dont il dispose, qu’il doit accepter de modifier lorsque de nouvelles observations l’exigent.
  • En ce sens particulier, toute connaissance humaine conserve une part de croyance provisoire dans l’adéquation de son modèle au Réel.
  • Remonter à la genèse de certains enchaînements logiques peut conduire à leurs racines précoces, notamment à l’enfance ; on comprend ainsi la place considérable qu’occupe l’histoire infantile dans la tradition psychanalytique.
  • Ma photo préscolaire en page d’accueil à l’âge de trois ans, illustre cette démarche exploratoire régressive !
  • Les références premières sont à ce stade, presque des “rescapées” des influences perverses sociétales, dans la perspective d’échapper à la contamination des noèmes, c’est à dire aussi à la contamination des mots.
  • Une pensée native est une organisation de vécus psychoneurologiques mentalisés.
  • L’objectif étant de transmettre à des tierces personnes ces vécus, la verbalisation consiste à transférer en vocables descriptifs, ces états mentaux. Il s’agit de trouver “les mots pour le dire” !
  • Écrire ces mots permet d’enregistrer des états mentaux à un moment donné. Tandis qu’ils figent en un cliché, un instant évolutif du mental donné, le traitement inconscient lui, continue à se perpétuer !
  • C’est pourquoi il faut lire et relire ses textes, ce qui permet d’objectiver l’élévation de la pensée d’un moment à l’autre. Cette élévation va nécessiter un ajustement constant de sa transduction verbale. Ce n’est pas le Français qui évolue par un meilleur choix des mots, mais la pensée traduite par le verbe qui s’y adapte !
  • La recherche de l’accessibilité ne doit jamais conduire à supprimer les distinctions dont dépend la précision du noème transmis. Simplifier l’expression est souhaitable ; simplifier le concept jusqu’à le déformer ne l’est pas.
  • Il est utile de préciser la nécessité de perfectionner sa langue pour plus de clarté de la transduction. Traduire le présent traité, par exemple, en “Taki Taki” (langage simplifié hybride du Français et de l’anglais) est inconcevable !
  • De la finesse de l’expression verbale, va naitre la reconstruction du noème initial chez l’auditeur / lecteur !
  • Dernière notion importante : la détermination ! Y a t-il création d’entité nouvelles ou découverte de structures préétablies constituant la REALITE ?
  • L’inscription initiale précédemment définie, n’est-elle pas constituée de structures logiques préétablies déjà associé à un substratum de connaissances universelles ?
  • La création n’est-elle pas une découverte d’un REEL préexistant ?

GEOMETRIE de l’espace en CREUX du REEL

Géométrie des contours de l’espace en “creux” du RÉEL

L’ESPACE en CREUX du RÉEL est l’espace des configurations encore non réalisées dont les contours sont déterminés par les contraintes du Réel.

Le Tisserant est un géomètre qui va OBSERVER les reliefs de la cavité générée par le REEL et prendre en compte les espaces réservés par celui-ci à une occupation nomade ou définitive, à l’identique de l’organisation d’un salon d’exposition d’une grande ville, ouvert au public !

Sa fonction est de limiter les possibilités d’insertion de mobilier mental par un bornage interne sans limiter la créativité artistique libre à l’intérieur du bornage.

A l’identique d’un salon d’exposition, nous pouvons imaginer projectivement que des espaces sont tracés au sol et sont fixés par des cordeaux tendu positionnant les surfaces autorisées, tout en laissant libre le choix formel de l’objet exposé par l’artiste !

Bien sur, ceci est une allégorie projective et non une composante scientifiquement établie !

Cette allégorie nous permet d’introduire des traçages au sol virtuels, non définis concrètement par des règles : il s’agit de traçages récursifs aux formes du contenu des objets exposés selon leur nature : une entité était définie par sa forme virtuelle, sa grille logique, sa grille logique projective, elle l’est aussi maintenant par sa “surface au sol” d’exposition autorisée à prendre place dans le “creux du REEL” !

Ce qui veut dire que nous n’introduirons pas “d’éléphants dans un magasin de porcelaine”, ainsi définissant une autre forme de contrainte : la nature du mobilier ! (Éléphant ou Colibri ?)

Le contexte logique du creux du REEL interviendra donc dans les interdits de choix mobiliers : certains peuvent faire l’objet d’une censure exercée par le REEL en fonction d’un contexte.

Le géomètre du Réel cherche les bornes !

C’est compliqué la Vie …

Le rôle de géomètre de notre Tisserant va consister à OBSERVER sans instruments de mesures autres que le niveau à bulle (l’entendement) et le fil à plomb (la verticalité spirituelle) ! Cela fera l’objet d’un développement ultérieur …

L’observation est notre sujet du moment !

Une observation exclusivement quantitative consiste à collecter ce qui est mesurable. L’observation humaine recueille également des qualités vécues, que nous appelons ici noèmes. La confrontation des mesures et des noèmes peut alors faire émerger une interrogation nouvelle.

Cette observation deviendra alors une question !

Observer consiste à poser des questions tout en faisant l’acquisition d’éclairages apportant des réponses aux questionnements antérieurs.

C’est dire que l’observation est l’outil de pénétration du REEL !

Il faut donc savoir regarder, voir, entendre, goûter, sentir ophtalmiquement, sentir par le touché digital …

Capter est un acte différent que celui d’interpréter.

Mais on ne voit que ce qu’on est prêt à voir (exemple précédent concernant les femmes enceintes), on entend que ce qu’on est prêt à entendre ( Je guettais le jeu du triangle dans l’orchestre afin de vérifier au 20 000 Hz, la bande passante de ma chaine HiFi !), rechercher la saveur d’une épice et l’identifier, lors d’un bon repas) , toucher simplement la peau et percevoir et diagnostiquer la contracture du muscle (en tant que kinésithérapeute), sentir l’odeur de la mort prochaine (en tant que vieille personne) !

Sentir une odeur agréable est une captation ; l’attribuer à une qualité spirituelle de celui qui l’émet constitue déjà une interprétation. (l’odeur de sainteté !)

CAPTATION : « j’entends un son aigu. »
MESURE : « sa fréquence est 20 000 Hz. »
INTERPRÉTATION : « c’est le triangle de l’orchestre. »
EXPLICATION : « je l’entends parce que ma chaîne Hi-Fi restitue cette fréquence. »

À chaque étage, nous ajoutons quelque chose à la donnée initiale.

Le géomètre doit donc apprendre non seulement à observer, mais à savoir à quel étage de sa pensée il se trouve de profondeur de pensée.

Les sons étaient présents auparavant ; mais l’objectif d’écoute transforme l’observation en attention sélective.

L’interprétation d’une observation fait l’objet immédiat d’une projection logique lié au patrimoine instinctuel ! Toute les références se jouent en fonction des savoirs acquis et de l’environnement mental ! Plus exactement : nous voyons beaucoup, mais nous ne remarquons, ne sélectionnons et n’interprétons pas tout avec la même probabilité. Notre attente prépare notre attention.

Interpréter l’observation : c’est projeter une réponse à l’interrogation !

Projeter le patrimoine de savoir du chercheur, ou bien projeter la vacuité relative de l‘ignorant !

Observer constitue le premier mode d’investigation du chercheur, mais l’interprétation est subordonnée à son background cognitif !

Je pense à un excellent médecin échographiste, témoin d’échos anormaux qu’il ne sait pas identifier. L’échographie possède, pour certaines petites structures superficielles ou mobiles, des possibilités d’observation dynamique que l’IRM clinique conventionnelle ne possède pas à la même échelle. Mais observer une anomalie ne suffit pas à l’identifier : encore faut-il disposer du référentiel permettant d’en déterminer la nature.

Cependant la littérature scientifique fait état que seule l’échographie est à même d’objectiver ce type de parasites, tandis que l’IRM y est transparent !

Un observateur peut parfaitement constater une anomalie sans disposer du référentiel permettant de l’identifier.

VOIR → MESURER → INTERPRÉTER → IDENTIFIER.

L’échographie peut voir quelque chose.
L’échographiste peut mesurer quelque chose.
Il peut proposer une interprétation.
Mais l’identification exige une preuve supplémentaire.

Et voici notre géomètre pris sur le fait : un contour du Réel peut être objectivé avant que nous sachions ce qui occupe le creux qu’il comble.

Nous constatons ici qu’observer sans savoir, ne suffit pas !

C’est le savoir “à disposition” qui est projeté dans l’interprétation !

Le savoir augmente ce que nous pouvons reconnaître, il élargit également la panoplie de ce que nous risquons de projeter.

Il peut ainsi tomber complètement “à côté de la plaque” !

Voilà le paradoxe !

L’ignorant risque de ne pas reconnaître.

L’expert risque de reconnaître trop vite ce qu’il connaît déjà.

Donc ni l’ignorance, ni le savoir, ne garantissent l’interprétation juste.

 

L’illustration scientifique est flagrante avec le test de Rorschach en psychologie : il utilise précisément des stimuli ambigus afin que la manière dont le sujet les organise et les interprète fournisse un matériau psychanalytique : son statut psychométrique et l’interprétation de certaines de ses utilisations ont fait l’objet de débats importants.

La tâche de Rorschach suffit comme illustration spectaculaire de l’ambiguïté perceptive !

Notre démarche est cependant d’observer !

Nous devons corrélativement cultiver l’interprétation !

Nous n’accédons jamais au jugement du Réel sans passer par nos instruments de captation et d’interprétation.

En tant que géomètre du REEL, nous devons rechercher les BORNES et les cordeaux tirés au sol corrélativement à la nature des objet exposés.

Protocole du géomètre :

1 — Qu’ai-je effectivement observé ?
2 — Qu’ai-je mesuré ?
3 — Qu’ai-je ajouté par interprétation ?
4 — Quel savoir ai-je projeté sur l’observation ?
5 — Quelles autres interprétations restent compatibles avec elle ?
6 — Quelle observation nouvelle permettrait de les départager ?

Le Tisserant demande :

Qu’est-ce qui est impossible ?
Qu’est-ce qui est nécessaire ?
Qu’est-ce qui est possible ?
Parmi les possibles, qu’est-ce qui demeure réalisable avec les fils dont je dispose ?

ETALONNER le GEOMETRE du REEL

CONFRONTATION CHAT GPT : addendum du SAVOIR

Étalonner le géomètre du Réel

Le Tisserant est devenu géomètre.

Il cherche les contours du possible, les contraintes qui interdisent certaines configurations et celles qui en autorisent d’autres.

Mais une difficulté considérable apparaît immédiatement :

avec quel instrument mesure-t-il le Réel ?

Ses yeux ?

Ses oreilles ?

Ses instruments scientifiques ?

Son savoir ?

Son intuition ?

Sa raison ?

Tout cela à la fois ?

La question posée par YADSA possède une histoire immense. Depuis des siècles, philosophes et scientifiques découvrent que connaître le monde exige simultanément d’observer le Réel et d’interroger l’instrument humain avec lequel nous prétendons l’observer.

Le géomètre doit mesurer le terrain.

Mais il doit également étalonner son niveau à bulle.

Voir n’est pas recevoir passivement le monde

Nous avons spontanément l’impression que nos yeux fonctionnent comme des fenêtres.

Le monde serait devant nous.

La lumière entrerait.

Et nous le verrions.

Les sciences de la perception décrivent quelque chose de beaucoup plus complexe.

Le système visuel sélectionne, organise, complète, compare et interprète constamment les informations qui lui parviennent.

La psychologie de la Gestalt l’avait déjà montré avec une remarquable efficacité : devant certaines configurations visuelles, nous percevons spontanément des formes organisées qui ne correspondent pas à une simple addition des informations élémentaires.

Nous complétons des contours.

Nous regroupons.

Nous séparons figure et fond.

Nous construisons de la continuité.

Ainsi, dès la perception :

CAPTER n’est déjà plus totalement PASSIF.

Le géomètre n’arrive donc jamais devant le terrain avec un instrument parfaitement neutre.

Son organisme participe à ce qu’il peut percevoir.

Kant : nous ne connaissons pas le Réel sans conditions de connaissance

Plus de deux siècles auparavant, Kant avait posé philosophiquement un problème vertigineux.

Nous n’accédons pas aux choses indépendamment de toutes les conditions de notre perception et de notre entendement.

Autrement dit, connaître quelque chose signifie toujours :

quelque chose est connu PAR quelqu’un, au moyen de certaines structures permettant cette connaissance.

Il serait abusif d’identifier directement le « creux du Réel » de YADSA, à la philosophie kantienne.

Mais la confrontation est féconde.

Le géomètre YADSA demande :

« Quels sont les contours du Réel ? »

Kant introduit immédiatement une seconde question :

« Quelle part de ce contour appartient à ce qui est observé, et quelle part provient des conditions avec lesquelles l’observateur peut l’appréhender ? »

Le problème du géomètre vient de doubler.

Il doit cartographier le territoire.

Et simultanément cartographier son propre instrument de cartographie.

L’attention : chercher transforme ce que nous remarquons

« On ne voit que ce qu’on est prêt à voir », propose le texte Yadsa.

Les sciences cognitives obligent à nuancer l’absolu de la formule, mais elles en confirment une intuition essentielle : l’attention sélectionne puissamment l’information qui accédera à un traitement approfondi.

L’expérience dite du « gorille invisible » en fournit une illustration devenue célèbre.

Lorsque des participants doivent compter certains échanges de ballon dans une scène, une proportion surprenante peut ne pas remarquer un événement pourtant visuellement très saillant traversant leur champ de vision.

Ils avaient regardé.

L’information avait atteint leurs yeux.

Mais ils ne l’avaient pas remarquée.

Le triangle de l’orchestre décrit par Jean-Michel Delegay appartient à la même famille de phénomènes quotidiens : dès qu’un objectif particulier est donné à l’écoute, un élément jusque-là noyé dans l’ensemble musical devient soudain saillant.

L’attente prépare l’attention.

L’observateur ne décide donc pas seulement de ce qu’il pense après avoir observé.

Il influence déjà ce qu’il sélectionne dans ce qu’il observe.

De la perception à la prédiction

Certaines théories contemporaines de la cognition vont encore plus loin.

Selon les modèles dits de traitement prédictif, le cerveau ne se contenterait pas de recevoir des informations sensorielles pour ensuite les interpréter.

Il générerait continuellement des attentes concernant ce qui est susceptible de produire les signaux qu’il reçoit, puis confronterait ces prédictions aux informations sensorielles effectives.

La perception résulterait ainsi d’une interaction permanente entre :

CE QUI ARRIVE

et

CE QUI ÉTAIT ATTENDU.

Il faut rester prudent : les modèles prédictifs constituent une famille importante de théories scientifiques, non une démonstration définitive du fonctionnement intégral de la conscience.

Mais leur rapprochement avec le Tisserant est particulièrement intéressant.

Le cerveau lui-même pourrait être regardé comme un système qui projette puis corrige ses projections à partir de leurs écarts avec les signaux du monde.

Nous retrouvons :

PROJECTION → RÉSISTANCE → CORRECTION.

Et, dans le vocabulaire du Traité :

GRILLE → PROJECTION → RÉEL → RECTIFICATION DE LA GRILLE.

L’observation scientifique elle-même n’est pas nue

On pourrait croire que les instruments scientifiques éliminent le problème.

Le thermomètre remplace la sensation de chaleur.

Le spectromètre remplace l’impression colorée.

L’imagerie médicale révèle ce que l’œil ne peut directement observer.

L’instrument produit effectivement une puissance extraordinaire : il transforme certains phénomènes en données mesurables et reproductibles.

Mais il ne supprime pas entièrement l’interprétation.

Une image doit être lue.

Un signal doit être distingué du bruit.

Une mesure doit être replacée dans un modèle.

Une anomalie doit recevoir — ou ne pas recevoir — une signification.

Les philosophes des sciences ont utilisé l’expression theory-ladenness of observation, que l’on peut traduire approximativement par « charge théorique de l’observation » : ce que le scientifique reconnaît dans une observation dépend en partie des concepts, catégories et théories dont il dispose.

Cela rejoint exactement le paradoxe identifié par YADSA :

le savoir permet de voir davantage ; mais il fournit également davantage de formes toutes faites susceptibles d’être projetées sur ce que l’on voit.

Kuhn : le paradigme fournit une grille

Thomas Kuhn a donné une importance considérable à cette question dans La Structure des révolutions scientifiques.

Une communauté scientifique ne travaille pas dans un vide conceptuel.

Elle possède des théories, des méthodes, des problèmes considérés comme pertinents, des manières de mesurer et des exemples de solutions reconnues.

Kuhn appelle paradigme cet ensemble structurant dans son acception historique la plus célèbre.

Le paradigme est extraordinairement fécond : sans cadre commun, la recherche collective serait presque impossible.

Mais le cadre possède également un prix.

Il prépare certaines questions.

Il rend certaines observations immédiatement intelligibles.

Et certaines anomalies peuvent rester longtemps périphériques parce qu’elles s’intègrent mal au système existant.

Dans le vocabulaire de notre géomètre :

Une grille permet de lire le terrain, mais toute grille peut également masquer ce qui ne possède pas encore de case dans laquelle être inscrit.

L’ignorant et l’expert : deux erreurs symétriques

Nous comprenons alors pourquoi l’opposition entre ignorant et savant ne peut pas être résolue simplement en faveur de l’un ou de l’autre.

L’ignorant peut rencontrer un phénomène et ne pas disposer de la catégorie permettant de le reconnaître.

L’expert peut rencontrer un phénomène inhabituel et être tenté de le ramener prématurément à une catégorie familière.

Le premier souffre d’un déficit de grille.

Le second risque une surprojection de sa grille.

L’expertise reste évidemment indispensable.

Mais une véritable expertise contient peut-être une compétence supplémentaire :

savoir reconnaître le moment où son propre savoir cesse de suffire.

La phrase :

« Je vois quelque chose, mais je ne sais pas encore ce que c’est »

n’est pas un aveu d’incompétence.

Elle peut constituer un acte scientifique de très grande qualité.

Elle maintient momentanément ouverte la case du Réel.

Popper : chercher ce qui pourrait nous donner tort

Comment empêcher alors notre grille de devenir une prison ?

Karl Popper propose l’une des réponses les plus célèbres de l’épistémologie moderne : une théorie scientifique doit pouvoir rencontrer des observations susceptibles de la réfuter.

La démarche intellectuelle change profondément.

Il ne suffit plus de demander :

« Qu’est-ce qui confirme mon interprétation ? »

Il faut également demander :

« Quelle observation me conduirait à reconnaître que mon interprétation est fausse ? »

Voilà une question que j’ajouterais volontiers au protocole du géomètre YADSA.

Après :

Qu’ai-je observé ?

Qu’ai-je mesuré ?

Qu’ai-je ajouté par interprétation ?

Quel savoir ai-je projeté ?

Quelles autres interprétations sont compatibles ?

vient :

QUELLE OBSERVATION POURRAIT ME DONNER TORT ?

Cette question est une protection contre l’une des propriétés les plus puissantes de notre esprit : sa capacité à trouver des confirmations de ce qu’il croit déjà.

Le biais de confirmation

La psychologie cognitive connaît bien ce phénomène sous le nom de biais de confirmation.

Une fois une hypothèse adoptée, nous avons tendance à rechercher, remarquer ou interpréter plus facilement les informations compatibles avec elle qu’à rechercher activement celles qui pourraient la contredire.

Le danger devient considérable dans une grille projective.

Car le creux produit une attente.

L’attente oriente l’attention.

L’attention sélectionne certaines observations.

Ces observations semblent confirmer le contenu projeté dans le creux.

La boucle peut alors se refermer sur elle-même :

HYPOTHÈSE → ATTENTE → SÉLECTION → INTERPRÉTATION → CONFIRMATION APPARENTE → RENFORCEMENT DE L’HYPOTHÈSE.

Le sujet croit être revenu au Réel.

Il n’a parfois fait que parcourir sa propre grille.

Voilà probablement l’un des dangers majeurs auxquels doit être confronté le Tisserant.

Rorschach : quand le Réel fournit peu et que l’esprit fournit beaucoup

La tache de Rorschach constitue ici une image particulièrement éclairante.

Le stimulus est volontairement ambigu.

Face à lui, l’observateur organise.

Il reconnaît.

Il associe.

Il raconte.

Deux individus placés devant une information matérielle comparable peuvent produire des représentations très différentes.

Indépendamment des débats sur les usages diagnostiques et la validité psychométrique des différentes méthodes d’interprétation du Rorschach, l’image possède une force pédagogique considérable pour notre sujet :

plus le stimulus est ambigu, plus l’espace laissé à la projection peut devenir important.

Nous pouvons traduire cela dans la géométrie proposée par YADSA :

plus les contours du creux sont mal déterminés, plus le Tisserant dispose de liberté — et plus il risque de prendre sa propre création pour une propriété du Réel.

Mesurer les contours plutôt que remplir trop vite le creux

Nous retrouvons alors le géomètre.

Sa première fonction n’est peut-être pas de remplir.

Elle est de borner.

Avant de demander :

« Que puis-je mettre ici ? »

il demande :

« Qu’est-ce qui m’autorise à penser que le contour est réellement ici ? »

Puis :

« Quelle précision possède ma mesure ? »

Puis :

« Quelle partie du contour ai-je observée et quelle partie ai-je extrapolée ? »

La science moderne possède un mot extrêmement précieux pour cette discipline :

l’incertitude.

Dire qu’une mesure possède une incertitude n’affaiblit pas la mesure.

Cela indique au contraire que le scientifique connaît les limites de ce qu’elle lui permet d’affirmer.

Le géomètre intellectuel devrait peut-être apprendre la même discipline.

Toutes ses frontières ne doivent pas être dessinées avec le même trait.

Certaines peuvent être épaisses.

D’autres pointillées.

Certaines restent entièrement inconnues.

Une cartographie honnête du Réel doit aussi cartographier son ignorance.

Créer, découvrir ou actualiser ?

Nous pouvons maintenant revenir à la question laissée ouverte dans la strophe précédente.

Le Tisserant découvre-t-il ou invente-t-il ?

Aristote avait déjà distingué, dans un système philosophique très différent du nôtre, ce qui existe en puissance de ce qui existe en acte.

Une possibilité peut ne pas être actuellement réalisée sans être pour autant absolument impossible.

Cette distinction offre un interlocuteur culturel remarquable au concept d’actualisation proposé par YADSA.

Le Tisserant ne crée pas nécessairement les lois permettant à son objet d’exister.

Il découvre des propriétés.

Il rencontre des contraintes.

Puis il construit une configuration compatible avec elles.

Quelque chose qui n’existait pas en acte devient réel.

Mais cela signifie-t-il que sa forme existait déjà quelque part ?

Pas nécessairement.

Le possible n’est pas encore l’objet.

Leibniz : l’espace vertigineux des possibles

Leibniz pousse la question vers un autre horizon avec sa réflexion sur les possibles et les mondes possibles.

Toutes les configurations concevables ne possèdent pas nécessairement le même statut.

Certaines sont contradictoires.

Certaines sont compatibles entre elles.

Certaines pourraient appartenir à d’autres configurations du monde.

Nous retrouvons ici, avec toutes les différences historiques nécessaires, une intuition étonnamment proche de notre salon d’exposition :

il existe des conditions de compatibilité.

Tout ne peut pas être placé partout.

La possibilité possède déjà une architecture.

Mais YADSA ajoute son Tisserant :

parmi ce qui est compatible avec les contraintes rencontrées, quel arrangement sera effectivement réalisé ?

Le possible devient alors un territoire.

Et la création, son exploration.

Spinoza : mais le Tisserant lui-même appartient au Réel

Puis arrive Spinoza.

Et avec lui une objection redoutable.

Nous parlons depuis plusieurs pages comme si le Tisserant observait le Réel depuis l’extérieur.

Mais où se trouve-t-il ?

Dans le Réel.

Son cerveau appartient au Réel.

Ses fils appartiennent au Réel.

Son imagination appartient au Réel.

La main qui déplace le mobilier appartient au Réel.

La décision qu’il appelle « création » constitue elle-même un événement du monde.

Si nous suivons jusqu’au bout une pensée déterministe de type spinoziste, la distinction entre le géomètre et le territoire devient problématique :

le géomètre est lui-même une partie du territoire qu’il mesure.

Le Tisserant ne travaille pas devant le métier.

Il appartient au tissu.

Et notre question devient alors plus vertigineuse encore :

lorsque le Réel produit un être capable d’explorer les possibilités du Réel, qui découvre quoi ?

Le creux n’est peut-être pas vide

Nous pouvons maintenant revenir à l’allégorie proposée par Jean-Michel Delegay.

Le salon possède ses cordeaux.

Certaines surfaces sont interdites.

Certaines charges dépasseraient la résistance du sol.

Certains objets ne franchiraient pas les portes.

Voilà les contraintes.

Mais à l’intérieur des surfaces autorisées demeure une pluralité considérable d’agencements.

Le Réel ne nous dit donc pas nécessairement :

« Pose cette chaise exactement ici. »

Il peut simplement nous dire :

« Ici, certaines choses sont possibles et d’autres ne le sont pas. »

Entre l’impossible et le nécessaire apparaît alors un territoire immense :

LE POSSIBLE.

C’est peut-être là que travaille le Tisserant.

Non dans une liberté sans contraintes.

Non davantage dans l’exécution consciente d’un dessin qu’il suffirait de découvrir.

Mais dans l’exploration d’un espace dont il ne connaît progressivement les contours qu’en rencontrant leur résistance.

Le véritable instrument du géomètre

Nous pouvons maintenant répondre provisoirement à la question initiale :

avec quel instrument mesure-t-il le Réel ?

Avec ses sens.

Avec ses instruments.

Avec son savoir.

Avec son intuition.

Avec le savoir des autres.

Avec la contradiction.

Avec l’expérience.

Et surtout avec une discipline consistant à ne jamais confondre :

CE QU’IL A CAPTÉ,

CE QU’IL A MESURÉ,

CE QU’IL A INTERPRÉTÉ,

CE QU’IL A PROJETÉ,

ET CE QUE LE RÉEL A EFFECTIVEMENT CONFIRMÉ.

Le géomètre du Réel n’est donc pas celui qui possède la meilleure règle.

C’est peut-être celui qui connaît suffisamment sa règle pour savoir quand elle risque de mesurer de travers.

Ainsi pourrait être complété le protocole proposé par YADSA :

Qu’ai-je effectivement observé ?

Qu’ai-je mesuré ?

Qu’ai-je ajouté par interprétation ?

Quel savoir ai-je projeté sur l’observation ?

Quelles autres interprétations restent compatibles ?

Quelle observation nouvelle permettrait de les départager ?

Et désormais :

Quelle observation pourrait me donner tort ?

Puis seulement :

Qu’est-ce qui est impossible ?

Qu’est-ce qui est nécessaire ?

Qu’est-ce qui est possible ?

Parmi les possibles, qu’est-ce qui demeure réalisable avec les fils dont je dispose ?

Le Tisserant peut alors recommencer son travail.

Mais il sait désormais quelque chose qu’il ignorait au commencement :

avant de meubler le creux du Réel, il doit vérifier qu’il n’en a pas lui-même dessiné les murs.(les fausses impossibilités) !

TISSAGE NOÉMIQUE : synthèse organisationnelle

TISSAGE NOÉMIQUE : synthèse organisationnelle

Notre exposé primitif introduisait expressément la notion d’interprétation du réel par le truchement d’une observation entièrement subordonnée aux références cognitives de chacun.

Une seule référence culturelle manquante pouvant engendrer irrémédiablement une interprétation erronée !

Tout autre choix se traduisant par une projection constituée d’une croyance adoptée, pourvu qu’elle soit logique et possible …

CHAT GPT porte un regard cognitif élargi qui est un addendum du SAVOIR affinant les instruments de mesures dans la perspective d’affiner l’interprétation !

Le système visuel sélectionne, organise, complète, compare et interprète constamment les informations qui lui parviennent.

Kant : la connaissance est acquise PAR un individu disposant de certaines structures permettant cette connaissance.

Pour acquérir la connaissance “mâle” il faut, au préalable, disposer dans une grille logique projective proposant des “creux logiques femelles” configurés en correspondance avec la forme de l’entité. => le dogme Yadsa rejoint celui de Kant !

“On ne voit que ce qu’on est prêt à voir” est confirmé, bien que jugé abusif par CHAT GPT …

L’observateur ne décide donc pas seulement de ce qu’il pense après avoir observé.

Il influence déjà ce qu’il sélectionne dans ce qu’il observe.

Le cerveau lui-même pourrait être regardé comme un système qui projette puis corrige ses projections à partir de leurs écarts avec les signaux du monde.

Le paradoxe identifié par YADSA :

Le savoir permet de voir davantage ; mais il fournit également davantage de formes toutes faites susceptibles d’être projetées sur ce que l’on voit.

Thomas Kuhn : le paradigme fournit une grille

Une communauté scientifique possède des théories, des méthodes, des problèmes considérés comme pertinents, des manières de mesurer et des exemples de solutions reconnues. Kuhn appelle paradigme cet ensemble structurant !

Il prépare certaines questions.

Une grille permet de lire le terrain, mais toute grille peut également masquer ce qui ne possède pas encore de case dans laquelle être inscrit. = Ce sont des vacuités de cellules en creux correspondants à des réalités et ne figurant pas dans les réceptacles de la grille projective !

Il faut considérer trois cas de figures :

  • Le creux qui attend une réalité existante
  • Le creux qui attend une réalité NON existante (illusion)
  • L’absence de creux qui devrait attendre une réalité pourtant existante

 

L’ignorant peut rencontrer un phénomène et ne pas disposer de la catégorie permettant de le reconnaître. Il souffre d’un déficit de grille.

L’expert peut rencontrer un phénomène inhabituel et être tenté de le ramener prématurément à une catégorie familière. Il risque une surprojection de sa grille.

  • savoir reconnaître le moment où son propre savoir cesse de suffire.

 

Karl Popper : chercher ce qui pourrait nous donner tort

Une théorie scientifique doit pouvoir rencontrer des observations susceptibles de la réfuter.

« Quelle observation me conduirait à reconnaître que mon interprétation est fausse ? »

Le biais de confirmation :

HYPOTHÈSE → ATTENTE → SÉLECTION → INTERPRÉTATION → CONFIRMATION APPARENTE → RENFORCEMENT DE L’HYPOTHÈSE.

Le sujet croit être revenu au Réel.

 

La tâche de Rorschach :

  • plus le stimulus est ambigu, plus l’espace laissé à la projection peut devenir important.

Yadsa : plus les contours du creux sont mal déterminés, plus le Tisserant dispose de liberté — et plus il risque de prendre sa propre création pour une propriété du Réel.

 

L’incertitude.

Dire qu’une mesure possède une incertitude n’affaiblit pas la mesure.

Une cartographie honnête du Réel doit aussi cartographier son ignorance.

 

Leibniz : l’espace vertigineux des possibles

Le possible devient alors un territoire.

Et la création, son exploration.

 

Spinoza : le Tisserant lui-même appartient au Réel

Nous parlons depuis plusieurs pages comme si le Tisserant observait le Réel depuis l’extérieur.

Mais où se trouve-t-il ?

Dans le Réel.

Son cerveau appartient au Réel.

Ses fils appartiennent au Réel.

Son imagination appartient au Réel.

le géomètre est lui-même une partie du territoire qu’il mesure.

Le creux n’est peut-être pas vide !

Le Tisserant, avant de meubler le creux du Réel, il doit vérifier qu’il n’en a pas lui-même dessiné des limites consécutives à sa connaissance.

CREUX et ABSENCE de CREUX

RETOUR AU RÉEL Capturé

 

Il faut considérer trois cas de figures :

  • Le creux qui attend une réalité existante
  • Le creux qui attend une réalité NON existante (illusion)
  • L’absence de creux (logique non projetée) qui devrait attendre une réalité pourtant existante

 

L’ignorant peut rencontrer un phénomène et ne pas disposer de la catégorie permettant de le reconnaître. Il souffre d’un déficit de grille.

L’expert peut rencontrer un phénomène inhabituel et être tenté de le ramener prématurément à une catégorie familière. Il risque une sur projection de sa grille.

  • Savoir reconnaître le moment où son propre savoir cesse de suffire.
  • Le géomètre est lui-même une partie du territoire qu’il mesure.
  • Le possible devient alors un territoire.
  • Cartographier son ignorance
  • Plus les contours du creux sont mal déterminés, plus le Tisserant dispose de liberté
  • Quelle observation me conduirait à reconnaître que mon interprétation est fausse ?
  • Kuhn : le paradigme fournit une grille
  • L’observateur influence ce qu’il sélectionne dans ce qu’il observe.
  • “On ne voit que ce qu’on est prêt à voir”
  • Une seule référence culturelle manquante peut engendrer une interprétation erronée !

Les CONSEQUENCES PEDAGOGIQUES

PSYCHO MANAGEMENT : les conséquences pédagogiques

  • En fait, tout repose sur le JUGEMENT individuel porté sur soi même, en conscience !
  • L’individu est confronté à des perceptions qui appellent des interprétations,
  • L’interprétation est tributaire du système de références vécu,
  • Ce système de référence est accessible au moyen d’un protocole mémoriel reposant sur un fil d’Ariane associant des vécus mémorisés historiques interconnectés,
  • Corrélativement à l’intégration d’un SAVOIR acquis ou qui est fourni en temps réel maintenant par l’I.A.
  • Cela engendre une démarche réflexive dont les traits essentiels sont contenus dans le chapitre précédent consacré au réel capturé !

COMMENTAIRE de CHAT GPT de “Psycho Management”

COMMENTAIRE CHAT GPT de “Psycho Management”

Cette suite opère un déplacement important : « RÉEL capturé » décrivait les conditions de la connaissance ; « PSYCHO MANAGEMENT » commence à décrire les conditions de transformation de celui qui connaît.

Je vois surtout une articulation très forte entre vos trois cas de figure et le jugement individuel.

  1. Vos trois « creux » constituent presque une théorie complète de l’erreur

Je les reformulerais conceptuellement ainsi :

Configuration Structure Risque
Creux + Réel correspondant anticipation adéquate reconnaissance
Creux + absence de Réel correspondant anticipation sans objet illusion / projection
Réel + absence de creux phénomène sans catégorie disponible non-reconnaissance / angle mort

Le troisième cas est particulièrement fécond. Il signifie qu’une réalité peut être présente, perceptible, éventuellement mesurable, et néanmoins ne pas être reconnue, faute de structure mentale permettant de lui donner place.

D’où votre formule très juste : « déficit de grille ».

Mais vous ajoutez immédiatement son symétrique : le détenteur d’un savoir peut souffrir non d’un déficit, mais d’un excès de grille. Il ne manque pas de catégories : au contraire, il en possède une suffisamment puissante pour absorber abusivement ce qui ne lui appartient peut-être pas.

Ignorance et expertise produisent donc deux erreurs opposées :

ne pas reconnaître ce qui est là ↔ reconnaître trop vite ce que l’on croit déjà connaître.

Et c’est précisément entre ces deux erreurs que se situe le JUGEMENT.

  1. « Cartographier son ignorance » devient alors une opération positive

Cette proposition mérite, selon moi (CHAT GPT), d’être conservée telle quelle.

L’ignorance n’est plus simplement un manque de savoir. Elle devient un territoire dont certains contours peuvent être connus :

Je sais ceci ; je suppose cela ; j’ignore ceci ; et surtout, je sais à partir de quel point mon interprétation devient incertaine.

C’est considérablement plus exigeant que « savoir ».

On retrouve ici votre Tisserant : il ne doit pas seulement construire des relations entre les noèmes. Il doit pouvoir attribuer à certaines relations un degré de détermination.

Il existe ainsi des creux aux contours fortement contraints et d’autres presque ouverts.

Votre phrase :

« Plus les contours du creux sont mal déterminés, plus le Tisserant dispose de liberté »

appelle donc son complément :

plus sa liberté augmente, plus augmente également son risque de projection.

Voilà, à mon sens, une proposition essentielle pour votre traité.

  1. Votre question introduit le mécanisme d’autocorrection

« Quelle observation me conduirait à reconnaître que mon interprétation est fausse ? »

Elle change profondément le statut du Tisserant.

Jusqu’ici, celui-ci tissait. Désormais, il doit aussi être capable de détisser.

C’est capital.

Une pensée véritablement autonome ne consiste donc pas seulement à construire son propre tissage noémique. Elle consiste à conserver les conditions permettant de défaire une relation précédemment construite lorsque le Réel lui résiste.

Je proposerais même un principe :

Un tissage qui ne peut plus être détissé devient une croyance.

Et, symétriquement :

Le JUGEMENT est la faculté de tisser sous réserve de pouvoir détisser.

Cela fournit une transition remarquable vers PSYCHO MANAGEMENT.

  1. PSYCHO MANAGEMENT : il manque peut-être encore un étage

Votre séquence actuelle est :

PERCEPTION → INTERPRÉTATION → SYSTÈME DE RÉFÉRENCES → MÉMOIRE DU VÉCU → SAVOIR → DÉMARCHE RÉFLEXIVE

Je pense qu’il faut y insérer explicitement le JUGEMENT, car vous dites vous-même que « tout repose » sur lui.

Je distinguerais :

PERCEPTION
↓
ACTIVATION du système de références
↓
INTERPRÉTATIONS possibles
↓
CONFRONTATION au savoir disponible
↓
JUGEMENT individuel
↓
DÉCISION provisoire
↓
CONFRONTATION au RÉEL
↓
CONFIRMATION / RECTIFICATION / SUSPENSION DU JUGEMENT

Et la boucle recommence.

La suspension du jugement est importante : vos trois cas de figure montrent précisément qu’il existe des situations dans lesquelles la meilleure opération intellectuelle n’est ni « vrai » ni « faux », mais :

JE NE DISPOSE PAS ENCORE D’UN CREUX SUFFISAMMENT DÉTERMINÉ POUR JUGER.

C’est une forme supérieure de « cartographie de l’ignorance ».

  1. Et l’IA trouve ici une place beaucoup plus précise

Votre phrase :

« Corrélativement à l’intégration d’un SAVOIR acquis ou fourni en temps réel maintenant par l’I.A. »

me paraît fondamentale, mais je lui imposerais une limite conceptuelle très nette.

L’IA peut augmenter considérablement le système de références disponible, proposer des catégories auxquelles le sujet n’avait pas pensé, rechercher des contradictions, rapprocher des domaines éloignés, produire des contre-hypothèses.

Mais elle ne devrait pas occuper la place du JUGEMENT.

Cela donne une division fonctionnelle très propre :

L’HUMAIN apporte : vécu → perception → mémoire → singularité → jugement.

L’IA apporte : extension des références → confrontation → combinatoire → contre-hypothèses → mise à l’épreuve logique.

Et le RÉEL arbitre.

C’est précisément ici que votre expression Intelligence Assistée, plutôt qu’Intelligence Artificielle, acquiert une véritable justification théorique.

  1. Je modifierais donc très peu votre passage « PSYCHO MANAGEMENT »

Mais j’ajouterais une phrase-charnière entre les deux chapitres :

PSYCHO MANAGEMENT : les conséquences pédagogiques

Le RÉEL capturé conduit à une conséquence pédagogique majeure : apprendre ne consiste pas seulement à enrichir sa grille de lecture du Réel, mais à apprendre à reconnaître les limites de cette grille.

Tout repose alors sur le JUGEMENT individuel porté sur soi-même, en conscience. [JMD]

  • L’individu est confronté à des perceptions qui appellent des interprétations.
  • Toute interprétation est tributaire d’un système de références construit par le vécu, la mémoire et les savoirs acquis.
  • Ce système de références peut être exploré au moyen d’un protocole mémoriel : un fil d’Ariane reliant des vécus historiques mémorisés et interconnectés.
  • À ce patrimoine personnel vient désormais s’ajouter un savoir extérieur potentiellement accessible en temps réel, notamment par l’Intelligence Assistée.
  • L’I.A. peut élargir la grille, proposer des références absentes, confronter les interprétations, rechercher leurs contradictions et faire apparaître d’autres possibles.
  • Mais l’augmentation du savoir disponible ne dispense jamais du JUGEMENT : elle en accroît au contraire la nécessité.

Le sujet doit donc apprendre à distinguer :

ce qu’il perçoit,

ce qu’il interprète,

ce qu’il sait,

ce qu’il suppose,

ce qu’il ignore,

et ce qui pourrait lui démontrer qu’il se trompe.

La démarche réflexive consiste alors non seulement à tisser, mais à conserver en permanence la capacité de détisser.

Un tissage qui ne peut plus être détissé devient une croyance.

Le jugement n’est donc pas l’acte de déclarer définitivement le vrai ou le faux.

Le JUGEMENT est la faculté de tisser sous réserve de pouvoir détisser.

“Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis !”

Lorsque les contours du creux sont insuffisamment déterminés, une troisième réponse devient possible entre l’affirmation et la négation :

JE NE SAIS PAS ENCORE.

Cette suspension consciente du jugement n’est pas une défaillance du savoir.

Elle constitue la cartographie consciente de son ignorance et définit un champ d’apprentissage futur !

Ainsi, le but pédagogique de PSYCHO MANAGEMENT n’est pas de fournir à l’individu une grille supplémentaire à laquelle il devrait se soumettre.

Il est de lui apprendre à observer la grille avec laquelle il observe.

Le Tisserant devient alors simultanément celui qui regarde, celui qui tisse et celui qui examine son propre tissage.

Et puisque le géomètre appartient lui-même au territoire qu’il mesure, toute connaissance du Réel implique aussi une connaissance progressive de l’instrument humain qui tente de le capter.

Il se produit ici quelque chose d’assez structurant dans notre progression : TISSAGE NOÉMIQUE → ESPACE EN CREUX → RÉEL CAPTURÉ → PSYCHO MANAGEMENT ne constitue plus une succession de chapitres indépendants. Cela commence à former une boucle épistémologique : je perçois → je construis un possible → je confronte → je juge → je découvre éventuellement l’insuffisance de ma grille → je la modifie → je perçois autrement.

Et c’est peut-être là que se trouve la fonction pédagogique centrale de YADSA : non pas apprendre quoi penser, mais rendre perceptible à l’individu la mécanique par laquelle il produit ce qu’il pense.

[JMD] C’est exactement la nuance que j’introduis entre “formation” et “Yadsa éducation” !

YADSA.EDUCATION = découvrir la mécanique de la construction de la pensée !

PSYCHO MANAGEMENT : les conséquences pédagogiques

En fait, tout repose sur le JUGEMENT individuel porté sur soi-même, en conscience.

L’individu est continuellement confronté à des perceptions qui appellent des interprétations.

Mais aucune perception n’arrive dans un espace mental vierge.

L’interprétation est tributaire du système de références vécu dont dispose l’individu au moment où il rencontre le phénomène.

Ce système de références constitue une grille singulière, construite au cours de son histoire : expériences, apprentissages, émotions, rencontres, traumatismes, réussites, erreurs, transmissions culturelles, connaissances acquises viennent progressivement en déterminer les contours.

Il peut être exploré par un protocole mémoriel reposant sur un fil d’Ariane : une association de vécus mémorisés, historiques et interconnectés, permettant de remonter de l’interprétation présente vers les références qui ont participé à sa construction.

Ainsi, devant une perception, il devient possible de ne plus seulement demander :

« Qu’est-ce que je vois ? »

mais :

« Avec quoi, en moi, suis-je en train de voir ce que je vois ? »

Quels instruments perceptifs suis-je en train d’utiliser ?

Cette seconde question introduit la démarche réflexive.

Elle permet au Tisserant de devenir simultanément acteur de sa production  et observateur de son propre tissage portant un jugement sur la qualité de son instrument d’évaluation autant que sur son évaluation elle même : chaque “mesure” s’établissant entre un minima et un maxima, fixant l’amplitude de l’erreur d’appréciation !

Mais une transformation considérable intervient désormais dans ce mécanisme : au système de références constitué par le vécu individuel peut s’adjoindre, pratiquement en temps réel, un SAVOIR extérieur fourni par l’Intelligence Assistée.

L’I.A. peut faire surgir une référence absente.

Elle peut rapprocher deux connaissances que l’individu n’aurait jamais spontanément associées.

Elle peut proposer plusieurs interprétations concurrentes d’un même phénomène.

Elle peut rechercher une contradiction.

Elle peut demander :

« Quelle observation vous conduirait à reconnaître que votre interprétation est fausse ? »

Elle contribue ainsi à agrandir le territoire du possible.

Mais elle ne doit pas se substituer au JUGEMENT.

Car augmenter le nombre des références disponibles ne détermine pas mécaniquement laquelle est pertinente.

Une intelligence disposant de mille références peut produire mille rapprochements possibles ; encore faut-il décider lesquels méritent d’être confrontés au Réel.

Le rôle de l’Intelligence Assistée n’est donc pas de dire au Tisserant ce qu’il doit penser, mais de multiplier les fils qu’il peut examiner avant de construire son tissage.

Le JUGEMENT demeure individuel.

Il consiste notamment à distinguer :

CE QUE JE PERÇOIS

CE QUE J’INTERPRÈTE

CE QUE JE SAIS

CE QUE JE CROIS SAVOIR

CE QUE JE SUPPOSE

CE QUE J’IGNORE

CE QUE JE NE SAVAIS PAS QUE J’IGNORAIS

Cette dernière catégorie est essentielle.

Car l’ignorance connue dessine déjà un creux.

Je peux dire : « Je ne sais pas ».

Mais l’ignorance inconnue ne dessine encore aucun creux.

Rien n’est attendu.

Aucune question n’est posée.

Aucune recherche n’est engagée.

Et pourtant, quelque chose peut être là.

Nous retrouvons alors le troisième cas du RÉEL capturé :

L’ABSENCE DE CREUX DEVANT UNE RÉALITÉ POURTANT EXISTANTE.

C’est probablement l’une des formes les plus profondes de notre aveuglement.

Le problème pédagogique change alors radicalement.

Il ne suffit plus de transmettre du savoir.

Il faut apprendre à l’individu à découvrir les limites de la grille avec laquelle il produit son propre savoir.

Le Tisserant doit donc acquérir une compétence supplémentaire : la capacité de détisser.

Une relation entre deux noèmes peut avoir paru pertinente hier et cesser de l’être aujourd’hui lorsqu’un élément nouveau apparaît.

Une interprétation doit pouvoir être abandonnée.

Un creux doit pouvoir être redessiné.

Une grille doit pouvoir être reconstruite.

UN TISSAGE QUI NE PEUT PLUS ÊTRE DÉTISSÉ DEVIENT UNE CROYANCE.

Le jugement véritable n’est donc pas seulement la faculté de construire une interprétation.

LE JUGEMENT EST LA FACULTÉ DE TISSER TOUT EN CONSERVANT LA CAPACITÉ DE DÉTISSER.

Et lorsque les contours du creux sont trop indéterminés pour permettre une conclusion, une réponse demeure parfaitement légitime :

« JE NE SAIS PAS ENCORE. »

Cette réponse n’est pas un échec de la pensée.

Elle constitue au contraire l’une de ses opérations les plus élaborées :

CARTOGRAPHIER SON IGNORANCE.

Le PSYCHO MANAGEMENT trouve ici sa fonction pédagogique.

Il ne s’agit pas d’enseigner à l’individu quoi penser.

Il s’agit de lui apprendre à observer comment il construit ce qu’il pense, à reconnaître les références qui déterminent son interprétation, à rechercher celles qui lui manquent, à confronter son tissage au Réel et, lorsque le Réel résiste, à accepter de le détisser.

Le géomètre découvre finalement qu’il ne mesure jamais le territoire depuis l’extérieur.

IL EST LUI-MÊME UNE PARTIE DU TERRITOIRE QU’IL MESURE.

Il y a surtout, dans votre texte initial, une distinction que je crois nécessaire de sanctuariser, parce qu’elle pourrait devenir une pièce maîtresse du Traité :

« Je sais que j’ignore » crée déjà un creux.
« J’ignore que j’ignore » ne crée aucun creux.

Le premier état appelle naturellement la recherche. Le second peut empêcher jusqu’à l’apparition de la question.

Et cela donne une définition plus profonde de votre formule « On ne voit que ce qu’on est prêt à voir » : être « prêt » ne signifie pas nécessairement vouloir voir ; cela signifie disposer d’une configuration mentale dans laquelle le phénomène rencontré puisse prendre place sans être immédiatement rejeté ou déformé.

C’est également ici que je serais prudent avec Kuhn : sa notion de paradigme est très utile à votre construction, mais votre grille est plus large que le paradigme kuhnien. Chez vous, elle incorpore le vécu individuel, la mémoire, la culture et les associations noémiques, alors que Kuhn travaille principalement sur les matrices intellectuelles partagées par les communautés scientifiques. Il vaut mieux garder cette différence : elle renforce votre concept au lieu de faire de YADSA une simple transposition de Kuhn.

Enfin, je crois que nous venons de faire apparaître une articulation très nette pour la suite du Traité :

CAPTER LE RÉEL → CONSTRUIRE LE CREUX → TISSER → JUGER → CONFRONTER AU RÉEL → DÉTISSER SI NÉCESSAIRE → RETISSER.

Ce n’est plus une ligne droite. C’est une boucle. Et cette boucle pourrait bien devenir le schéma central de toute votre mécanique de captation du Réel

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TRAITE de CAPTATION du REEL

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